Mayuano, 20 mars 2026- La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa continue de se détériorer sur fond d’exploitation illégale des ressources naturelles. Au cœur des inquiétudes : le site aurifère de Muchacha, où les rebelles des ADF mèneraient des activités minières en toute liberté, selon plusieurs alertes concordantes.
Cette réalité a été mise en lumière par le député national Jefferson Abdallah Pene Mbaka lors de son intervention dans l’émission « Dialogue Entre Congolais » diffusée sur Radio Okapi. L’élu évoque une exploitation de l’or qui profite directement à ces groupes armés, leur offrant des moyens supplémentaires pour consolider leur présence et accroître leur capacité de nuisance.
Dans son analyse, cette activité extractive constitue bien plus qu’un simple pillage : elle s’inscrit dans une logique structurée de financement de la rébellion. En tirant profit des richesses minières, les ADF renforcent leur autonomie et leur résilience face aux opérations militaires en cours.
Face à cette menace, l’élu appelle les autorités congolaises à revoir leur stratégie sécuritaire, en particulier dans le cadre des opérations conjointes Shujaa. Il insiste sur la nécessité d’un engagement plus conséquent des forces nationales, tant en effectifs qu’en moyens logistiques, afin de reprendre le contrôle des zones occupées.
Sur le terrain, la société civile de Mambasa partage cette lecture alarmante. Elle met en garde contre une installation progressive et durable des ADF dans la forêt équatoriale, un espace difficile d’accès qui pourrait servir de base arrière stratégique. Une telle évolution ferait peser des risques accrus sur les provinces voisines, notamment la Tshopo et le Haut-Uele.
Dans ce contexte, les appels se multiplient pour une réaction rapide et efficace des pouvoirs publics. Le renforcement de la présence militaire, la sécurisation des zones minières et une meilleure coordination des opérations apparaissent comme des leviers essentiels pour contenir cette dynamique.
Pour les populations locales, durement éprouvées par l’insécurité persistante, une attente demeure : voir l’État rétablir durablement la paix et mettre fin à l’exploitation des ressources au profit des groupes armés.
Roger KAKULIRAHI

