Kinshasa, 22 mars 2026- L’ancien président de l’Assemblée provinciale du Kongo Central, Papy Mantezolo, a été interpellé dans la nuit de samedi à dimanche aux environs de 23 heures, alors qu’il tentait de traverser le fleuve pour rejoindre Brazzaville.
Selon plusieurs sources concordantes, l’ancien responsable politique était en compagnie de ses deux jeunes frères au moment de son arrestation. Les agents de la Police nationale congolaise ont procédé à son interpellation alors qu’il s’apprêtait à quitter clandestinement le territoire national.
Lors du contrôle, il a été retrouvé en possession d’un passeport muni d’un visa valide pour la Chine, ce qui laisse penser à une tentative de fuite à l’international.
Cette interpellation intervient dans un contexte judiciaire tendu. Papy Mantezolo était activement recherché par la justice congolaise pour répondre à des accusations de détournement de deniers publics.
Malgré deux convocations du parquet général près la Cour de cassation, il ne s’était jamais présenté. La dernière en date remontait au 11 mars. Face à son absence répétée, le premier avocat général près la Cour de cassation, Pungwe Wemba, avait averti :
“S’il ne se présente pas volontairement, il sera contraint conformément à la loi”.
La chute de Papy Mantezolo à la tête de l’Assemblée provinciale du Kongo Central s’inscrit dans un climat de fortes tensions politiques internes.
Il avait été destitué à la suite d’une motion de défiance initiée par les députés provinciaux. Plusieurs griefs majeurs avaient été avancés :
- Mauvaise gestion financière : des soupçons persistants de détournement et d’opacité dans la gestion des fonds publics de l’Assemblée provinciale ;
- Perte de confiance politique : une rupture avec une majorité des députés, qui dénonçaient un style de gouvernance jugé peu inclusif ;
- Dysfonctionnements institutionnels : accusations de gestion unilatérale et non-respect des procédures internes ;
- Climat de crise : des tensions répétées ayant paralysé le bon fonctionnement de l’institution.
Sa destitution avait ainsi été perçue comme une conséquence directe d’une gouvernance contestée, fragilisée par des soupçons judiciaires de plus en plus insistants.

