Bunia, 10 avril 2026- La situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en province de l’Ituri, suscite de vives inquiétudes au sein de la classe politique congolaise. Face à la multiplication des attaques attribuées aux rebelles des Allied Democratic Forces (ADF) depuis le mois de mars, la sénatrice Noëlla Batchebandey est montée au créneau pour dénoncer une détérioration continue des conditions de vie des populations civiles.
Selon plusieurs sources concordantes, les violences se concentrent sur plusieurs axes stratégiques, notamment Mambasa–Epulu–Badengaido, Mambasa–Nduye–Mungbere, Mambasa–Lolwa ainsi que Mambasa–Komanda. Dans ces zones, les groupes armés sont accusés de graves exactions, incluant des tueries, des enlèvements, des pillages et l’incendie d’habitations, plongeant les communautés locales dans une insécurité permanente.
Au-delà du bilan sécuritaire, les conséquences de ces attaques s’étendent à tous les secteurs de la vie sociale. Le système éducatif est perturbé, les activités économiques sont paralysées et l’accès aux soins de santé devient de plus en plus difficile pour une population déjà fragilisée par la précarité.
Face à cette situation, la sénatrice appelle à une réponse renforcée des autorités nationales. Elle insiste notamment sur la nécessité de doter les forces de défense et de sécurité de moyens humains et logistiques adéquats afin de contenir la menace.
Par ailleurs, elle plaide pour une prise en charge urgente des personnes déplacées, dont le nombre ne cesse d’augmenter au fil des attaques. Dans son intervention, l’élue interpelle également les autorités de l’état de siège afin qu’elles intensifient leurs efforts pour restaurer la paix, non seulement à Mambasa, mais aussi dans d’autres zones affectées de l’Ituri, notamment le territoire de Djugu.
La population locale est, quant à elle, invitée à renforcer sa collaboration avec les services de sécurité en partageant des informations susceptibles de prévenir de nouvelles incursions. Un appel à la solidarité communautaire a également été lancé pour soutenir les victimes dans ce contexte difficile.
Enfin, la communauté internationale et les organisations humanitaires sont exhortées à accroître leur soutien aux efforts de stabilisation et à l’assistance aux déplacés. Pour la sénatrice, la menace que représentent les ADF dépasse le cadre national et nécessite une réponse coordonnée à l’échelle régionale.
Dans une province marquée par des cycles récurrents de violence, cette nouvelle alerte relance le débat sur l’efficacité des stratégies sécuritaires en place et sur l’urgence d’une approche plus globale pour ramener une paix durable en Ituri.
Denis MUNGURIEK AN

