Kinshasa, 19 avril 2026- Le Gouvernement de la République démocratique du Congo et les rebelles de l’AFC/M23 ont franchi une nouvelle étape dans le processus de paix en cours, en s’entendant sur plusieurs mesures clés, à l’issue des pourparlers tenus du 13 au 17 avril à Montreux, en Suisse.
Dans un communiqué conjoint publié, samedi 18 avril, les deux parties, appuyées par des partenaires internationaux dont l’État du Qatar, les États-Unis, la République togolaise en tant que médiateur de l’Union africaine, ainsi que la Commission de l’Union africaine et la Suisse, annoncent des avancées substantielles dans la mise en œuvre du cadre de Doha pour un accord de paix global, signé en novembre 2025.
Priorité à l’accès humanitaire
Les discussions ont permis de progresser vers la finalisation d’un protocole sur l’accès humanitaire et la protection judiciaire. Les deux parties ont reconnu l’urgence de garantir une assistance vitale aux populations de l’est du pays, durement affectées par le conflit.
Elles se sont engagées à respecter strictement le droit international humanitaire, les droits de l’homme et les principes constitutionnels congolais. Cela inclut notamment l’interdiction de toute attaque contre les infrastructures essentielles à la survie des civils, telles que les zones agricoles, les réserves d’eau, les hôpitaux, les écoles ou encore les installations énergétiques et de télécommunications.
Le communiqué insiste également sur la nécessité de protéger les acteurs humanitaires et de garantir un accès rapide, sûr et sans entrave à l’aide, sans discrimination. Les parties promettent par ailleurs de prévenir tout détournement ou pillage de l’assistance.
Surveillance du cessez-le-feu
Autre avancée majeure : l’opérationnalisation du mécanisme de surveillance du cessez-le-feu. En collaboration avec la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL), un protocole a été signé pour activer le Mécanisme conjoint de vérification élargi Plus (MCVE+).
Ce dispositif permettra au mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu (COVM), prévu dans l’accord-cadre de Doha, de lancer ses premières missions de terrain dans un délai d’une semaine. Ces opérations bénéficieront de l’appui logistique de la MONUSCO.
Libération prochaine de prisonniers
Dans un geste visant à renforcer la confiance mutuelle, les parties ont également convenu de procéder à la libération de détenus dans un délai de dix jours, conformément à un mécanisme déjà établi en septembre 2025. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été salué pour son rôle dans la fourniture des listes de prisonniers.
Maintenir la dynamique des négociations
Enfin, les signataires ont réaffirmé leur volonté de poursuivre les discussions sur les autres volets du processus de paix, notamment à travers la soumission de plans concrets pour les prochaines étapes.
Le Gouvernement congolais et l’AFC/M23 ont exprimé leur reconnaissance envers l’ensemble des partenaires internationaux pour leur soutien « indéfectible » en faveur de la paix et de la stabilité dans l’est de la RDC et dans la région des Grands Lacs.
Ces avancées interviennent dans un contexte où les attentes restent élevées quant à une désescalade durable du conflit, qui continue de peser lourdement sur les populations civiles.

