Kinshasa, 20 avril 2026- Alors que les délégués du gouvernement de la République démocratique du Congo et ceux de l’AFC/M23 poursuivent le neuvième round des pourparlers de Doha, actuellement délocalisés en Suisse, la situation sécuritaire continue de se détériorer sur le terrain, notamment dans la province du Sud-Kivu.
Dans un communiqué officiel, le gouvernement provincial du Sud-Kivu alerte sur la construction d’un camp militaire attribué à l’armée rwandaise dans le territoire de Kabare. Selon le porte-parole provincial, Didier Lunganywa Bashizi, cette installation est en cours d’édification dans le village de Mumosho, situé en chefferie de Kabare, une zone actuellement sous contrôle des rebelles de l’AFC/M23, appuyés par Kigali.
Les autorités provinciales évoquent « des faits d’une extrême gravité », s’appuyant sur des témoignages concordants de populations locales faisant état de la présence de militaires rwandais infiltrés sur le territoire congolais. La construction de ce camp est qualifiée de « violation flagrante de la souveraineté » nationale.
Le gouvernement provincial dénonce également « une atteinte grave à l’intégrité territoriale » de la RDC, y voyant une provocation manifeste et une remise en cause des engagements internationaux, ainsi que des efforts diplomatiques en cours pour restaurer la paix dans l’Est du pays. Il considère cette initiative comme une nouvelle étape dans une stratégie d’occupation progressive de certaines zones du territoire national.
Réaffirmant son engagement, l’exécutif provincial assure poursuivre la documentation de ces violations et promet de travailler en étroite collaboration avec le président Félix Tshisekedi et les institutions nationales pour défendre l’intégrité territoriale, protéger les populations civiles et œuvrer au rétablissement de la paix.
Parallèlement, les Forces armées de la République démocratique du Congo ont signalé des attaques de drones visant leurs positions à Mikenge et Kakenge, ainsi que des zones civiles situées au Point zéro, dans la soirée du samedi 18 avril. Ces attaques sont attribuées à la coalition RDC-AFC/M23, accentuant davantage les tensions dans la région.

