Mambasa, 24 avril 2026- À Tchabi, dans le territoire d’Irumu, l’heure est au dialogue et à la recherche de solutions durables. Sur instruction du gouverneur militaire de la province de l’Ituri, l’administrateur militaire du territoire a lancé, ce mercredi 22 avril 2026, une série de consultations avec les différentes communautés de la chefferie des Banyali-Tchabi.
Autour de ces échanges, leaders communautaires, notables et chefs coutumiers se sont réunis avec un objectif commun : prévenir les conflits et restaurer un climat de confiance entre les populations. Dans une entité où les équilibres restent fragiles, cette démarche apparaît comme une tentative de rapprocher les positions et de désamorcer les tensions avant qu’elles ne dégénèrent.
Dans son adresse, le colonel Siro Nsimba Bunga Jean a adopté un ton à la fois ferme et rassembleur. Il a appelé les communautés à faire preuve de responsabilité, en évitant de céder aux discours de manipulation susceptibles d’alimenter la division. « La paix dépend aussi de notre capacité à rester unis », a-t-il insisté en substance, tout en mettant en garde contre toute tentative de déstabilisation de la chefferie.
Un message particulier a été adressé à la jeunesse, souvent exposée aux influences extérieures dans un contexte d’insécurité persistante. L’autorité territoriale les a invités à ne pas se laisser entraîner dans des logiques de violence ou de rébellion, mais plutôt à devenir des acteurs de paix au sein de leurs communautés.
Sur le terrain, ces consultations prennent la forme d’échanges directs, parfois marqués par des témoignages, des frustrations exprimées sans détour, mais aussi une volonté perceptible de trouver des issues pacifiques. Plusieurs participants ont salué cette initiative, estimant qu’elle offre un espace d’écoute rarement accessible à tous les acteurs locaux.
Cette démarche intervient dans un contexte encore marqué par l’émotion. Dans la nuit du 11 au 12 avril dernier, des hommes armés non identifiés ont attaqué la zone, tuant un habitant de la chefferie des Banyali-Tchabi. Cet incident a ravivé les peurs et accentué les tensions entre certaines communautés, d’où la nécessité d’une intervention rapide des autorités.
À travers cette itinérance, l’administration militaire cherche ainsi à anticiper d’éventuelles violences, mais aussi à renforcer les mécanismes locaux de gestion des conflits. Au-delà des discours officiels, c’est une approche de proximité qui est privilégiée : écouter, comprendre et tenter de recoudre un tissu social fragilisé.
Reste à savoir si ces échanges déboucheront sur des engagements concrets et durables. Mais pour de nombreux habitants de Tchabi, une chose est déjà claire : dans un contexte aussi sensible, le dialogue reste l’une des rares voies capables d’éviter le pire.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa.

