Kinshasa, 7 mai 2026- Le chef de l’État Félix Tshisekedi s’est, une fois de plus, montré admiratif envers Laurent-Désiré Kabila, défunt président de la République d’heureuse mémoire, contrairement à son fils Joseph Kabila, dont il regrette les agissements ayant, selon lui, sabordé les efforts entrepris lors de son passage à la tête du pays.
Concernant Mzee Kabila, il a salué son ingénieuse idée de mettre en place le Service national, qui, malheureusement, n’avait plus connu de succès après sa mort, par assassinat en 2001.
Ce service a été redynamisé grâce au savoir-faire du lieutenant Jean-Pierre Kasongo Kabwik. Ce dernier, à travers sa politique de réinsertion sociale des jeunes désœuvrés, communément appelés « kuluna », a réussi à se doter d’une main-d’œuvre qualifiée après de longues formations, rendant désormais de bons et loyaux services à la nation.
À l’opposé, Félix Tshisekedi regrette que Joseph Kabila, qu’il reconnaît comme l’artisan de la première alternance pacifique du pays en 2019, soit également celui qui aurait pris les armes contre la République qu’il a servie pendant 18 ans.
“Je suis le premier à regretter cette situation qui, pour moi, est un vrai gâchis. Malheureusement, les générations à venir retiendront que celui qui a été un acteur majeur de l’alternance pacifique et démocratique a aussi été le fossoyeur de cette belle œuvre. […] Kabila, c’est quelqu’un dont il fallait prendre soin, quelqu’un qui a accepté de s’effacer pour me laisser la place, selon le principe de la démocratie. C’est quelqu’un dont d’autres peuples africains pourraient avoir besoin de la sagesse. Malheureusement, il a pris un autre chemin et cela ne pouvait pas rester sans conséquences. Les sanctions américaines se justifient”.
Félix Tshisekedi a fait savoir que Joseph Kabila était son invité lors de son investiture en 2023, mais qu’il avait été surpris d’apprendre qu’il avait quitté le pays de manière clandestine, alors qu’il avait pour habitude de signaler ses déplacements par des canaux bien définis.
Concernant les sanctions américaines, il révèle avoir été le premier à dénoncer son prédécesseur comme étant derrière l’Alliance Fleuve Congo (AFC), mouvement rebelle actif dans l’Est du pays.
“Les sanctions américaines se justifient parce que les Américains ont constaté ce que moi j’avais constaté depuis longtemps. Il ne faut pas prendre les Américains pour des enfants de chœur. Ces gens savent peut-être mieux que nous ce qui se passe dans notre pays”.
Avant ces sanctions américaines, Joseph Kabila avait également été condamné à mort par la justice congolaise. L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti au pouvoir, qui salue la décision américaine, souhaite qu’elle aille plus loin en exigeant son arrestation immédiate.
La rédaction

