Mambasa, 11 mai 2026- Près de dix civils ont été tués lors d’une attaque attribuée aux combattants des Allied Democratic Forces (ADF) dans la localité de Makumo, en chefferie de Babila-Babombi, territoire de Mambasa, province de l’Ituri. L’attaque est survenue dans la nuit de dimanche 10 à ce lundi 11 mai 2026, replongeant cette zone dans la peur et la psychose.
Selon plusieurs sources locales, les assaillants ont également incendié des habitations et causé d’importants dégâts matériels avant de se replier. Cette nouvelle tragédie suscite de vives réactions, notamment concernant l’absence d’intervention des forces de sécurité, malgré des alertes faisant état de la présence des rebelles avant l’attaque.
En réaction, le député provincial Gilbert Sivamwenda affirme que les autorités militaires avaient été informées des mouvements suspects des ADF plusieurs heures avant l’incursion. L’élu de Mambasa estime que des dispositions sécuritaires auraient dû être prises pour prévenir le drame.
« Nous demandons à la Cour militaire de descendre sur le terrain pour enquêter et sanctionner les commandants négligents. On ne peut pas continuer à jouer avec la vie des Congolais », déclare-t-il.
Il appelle également au renforcement urgent du dispositif sécuritaire dans cette partie du territoire de Mambasa, régulièrement touchée par les violences des groupes armés.
La société civile dénonce l’inaction face aux alertes
Pour sa part, le coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise (NSCC), Maître Jospin Paluku, déplore l’absence de réaction militaire malgré les alertes lancées par la population avant l’attaque.
« Les alertes ont commencé tôt le matin du dimanche, mais il n’y a pas eu d’intervention », regrette-t-il.
Selon lui, cette situation révèle des failles persistantes dans le système d’alerte et de protection des civils dans la région.
De son côté, l’ONG Protection Plus condamne également l’absence de secours lors de cette attaque. Son coordonnateur, Maître John Vuleverio, estime que les habitants de Makumo vivent désormais dans une peur permanente.
« Les habitants sont fatigués d’enterrer leurs proches dans l’indifférence totale. Cette situation devient insupportable », affirme-t-il.
Cette nouvelle attaque intervient quelques jours seulement après le massacre de Biakato, où plus de vingt civils avaient été tués lors d’une autre incursion attribuée aux ADF. Pendant ce temps, plusieurs familles déplacées hésitent encore à regagner leurs habitations, craignant de nouvelles attaques dans la zone.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa.

