Mambasa, 24 Mai 2026- Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par l’armée ougandaise (UPDF), ont lancé des opérations conjointes de traque contre les présumés combattants des ADF dans plusieurs zones du territoire de Mambasa, en province de l’Ituri.
L’information a été livrée ce samedi 23 mai par Zephanie Kathaliko, défenseur des droits humains dans la région, qui indique que ces opérations interviennent à la suite d’une série d’attaques meurtrières enregistrées entre le 5 et le 19 mai dans plusieurs villages de la chefferie de Babila-Babombi, le long de la RN44.
Selon lui, ces violences ont causé d’importantes pertes en vies humaines et provoqué un climat de peur et d’incertitude au sein des communautés locales. Il appelle ainsi la population à collaborer avec les forces conjointes en signalant tout mouvement suspect dans les zones forestières encore jugées sensibles.
Sur le terrain, des habitants affirment avoir entendu des détonations d’armes lourdes dans la journée de samedi, provenant de la profondeur de la forêt dans certaines zones des chefferies de Babila-Babombi et Babila-Bakwanza. Dans le village Mayuano, sur la RN44, par exemple, cette situation a ravivé les craintes d’une nouvelle attaque. Elle a plongé plusieurs villages dans une psychose, sans toutefois provoquer de panique généralisée.
Un bilan humain toujours inquiétant et en hausse
Par ailleurs, le bilan des récentes tueries à Alima et ailleurs ne cesse de s’alourdir. L’ONGDH protection plus exprime sa vive inquiétude face à la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le territoire de Mambasa, en particulier dans les chefferies de Walese-Karo et Babila Babombi.
D’après Maître John Vuleverio Musombolwa, cadre de cette organisation, dix-sept corps sans vie ont été découverts et mis en terre le 23 mai 2026 dans un champ situé au village Kidini, dans la chefferie des Walese-Karo. Parmi les victimes figurent huit pygmées ainsi que le chef de cellule du village. Certaines sources indiquent que ces personnes auraient été prises en otage lors des récentes incursions attribuées aux ADF dans les zones de Darsalam, Muchanga et Mutufei.
Par ailleurs, la personne ressource déplore également l’inhumation de quinze autres corps dans le périmètre du village Alima. Ces événements confirment la persistance des violences meurtrières dans la région. Face à cette situation, l’ONG Protection plus condamne fermement ces attaques répétées contre les civils et estime que les populations locales sont livrées à elles-mêmes.
Elles vivent, dit-elle, dans la peur, les déplacements forcés et un deuil permanent. L’organisation recommande notamment le renforcement urgent du dispositif sécuritaire dans le territoire de Mambasa, l’intensification des opérations militaires contre les auteurs de ces crimes, ainsi que la prise en charge humanitaire des familles affectées et des déplacés.
Elle appelle également les autorités nationales et provinciales à renforcer leur implication pour mettre fin durablement à l’insécurité. Protection plus invite enfin la communauté nationale et internationale à rester attentive à la situation humanitaire dans cette partie de l’Ituri.
Roger KAKULIRAHI

