Bunia, 7 juin 2026- Le pont Ituri 2, situé sur la route nationale n°44 (RN44) reliant Mambasa à Beni, s’est effondré, dimanche 7 juin 2026, lors du passage d’un véhicule poids lourd, selon plusieurs sources locales dans la région de Mambasa.
Cet ouvrage, considéré comme stratégique pour les échanges commerciaux et la mobilité des populations entre l’Ituri et le Nord-Kivu, avait pourtant été réhabilité et inauguré le 20 mars 2024 par l’Office des Routes. Cependant, à peine deux ans après ces travaux, le pont a de nouveau cédé, malgré les alertes répétées de la société civile sur sa fragilité.
Il convient de rappeler que l’administrateur du territoire de Mambasa avait déjà suspendu le passage des véhicules poids lourds sur cet ouvrage à la suite de plusieurs alertes faisant état de sa dégradation avancée. Toutefois, selon des sources locales, cette mesure n’aurait pas été respectée par les services commis au contrôle du pont, permettant ainsi à certains camions de continuer à emprunter cette infrastructure pourtant jugée vulnérable.
Selon des acteurs locaux contactés sur place, l’effondrement de cette infrastructure risque d’aggraver davantage les difficultés de déplacement dans une zone déjà confrontée à une insécurité persistante marquée par les attaques récurrentes des ADF contre les populations civiles.
Réagissant à cet incident, Me Jospin Paluku Mbowa, coordonnateur de la Nouvelle Société Civile Congolaise en territoire de Mambasa, a exprimé sa profonde préoccupation face à ce qu’il considère comme les conséquences d’une réhabilitation réalisée avec légèreté.
« Nous regrettons beaucoup cet incident qui survient alors que la population de Mambasa traverse déjà une période difficile en raison des attaques des ADF. Cet effondrement aura des conséquences néfastes sur l’économie locale ainsi que sur plusieurs entités qui dépendent de cette route vitale », a-t-il déclaré.
Le responsable de la société civile appelle les autorités compétentes à privilégier cette fois-ci la construction d’un nouvel ouvrage avec des matériaux modernes et durables. Il plaide également pour que les futurs travaux soient confiés à une entreprise privée capable de garantir des standards techniques plus élevés.
En attendant une réaction officielle des autorités provinciales et des services techniques concernés, les usagers de la RN44 craignent déjà des perturbations majeures dans l’approvisionnement des centres de négoce de Mambasa, Biakato, Luna et Beni.
Des sources locales indiquent qu’aucune perte en vie humaine n’a été signalée au moment de l’effondrement, mais les dégâts matériels restent à évaluer.
Roger KAKULIRAHI

