Bunia, 28 septembre 2025 – Plus de 3.500 civils, dont 1.850 femmes et 550 enfants, ont trouvé refuge samedi soir devant la base militaire de la MONUSCO à Gina, territoire de Djugu (Ituri), par crainte d’attaques armées.
Ces déplacements massifs font suite à de violents affrontements entre deux milices rivales, la Convention pour la Révolution Populaire (CRP), issue de l’ex-seigneur de guerre Thomas Lubanga, et la Coopérative pour le Développement du Congo (Codeco). Les combats ont éclaté le samedi 27 septembre 2025, en fin d’après-midi, dans les environs du village Gina, à une quarantaine de kilomètres de Bunia.
Selon des sources onusiennes, tout est parti d’une attaque lancée par la CRP contre une position de l’armée à Matate, près de Nyampala, vers 17 heures. Repoussés par les FARDC, les assaillants ont été pris à partie dans leur fuite par des combattants de la Codeco à Tcha, toujours dans la zone de Gina. Les affrontements se sont poursuivis jusque vers 20 heures.
La MONUSCO a confirmé un premier bilan de deux civils blessés : une fillette de 13 ans atteinte à l’épaule droite et un jeune homme d’une vingtaine d’années touché à la poitrine. Tous deux ont été pris en charge par les Casques bleus avant leur transfert à l’hôpital de Gina.
Sur le plan matériel, plusieurs vaches ont été pillées et des habitations incendiées, notamment dans le village de Liko, situé à 32 km au nord-est de Bunia, considéré comme un fief de la CRP.
Dans la soirée, un calme précaire est revenu à Gina, mais la situation est restée tendue. Les Casques bleus ont intensifié leurs patrouilles dans la localité et ses environs, y compris sur l’axe Gina Centre–Tcha, afin de prévenir de nouvelles attaques contre les civils.
La MONUSCO a indiqué que ses troupes resteraient en alerte maximale durant toute la nuit pour rassurer les populations traumatisées par cette nouvelle flambée de violences.
Depuis plusieurs jours, le territoire de Djugu connaît une détérioration marquée de la situation sécuritaire, avec une multiplication d’attaques attribuées aux miliciens de la CRP et de la Codeco. Ces violences s’accompagnent d’incendies de maisons, de véhicules et de motos, ainsi que d’enlèvements de civils.
Pourtant, un processus de paix est en cours dans la province, soutenu par les autorités locales et la MONUSCO, qui disent redoubler d’efforts pour ramener la stabilité en Ituri.
La rédaction









