Kinshasa, 19 octobre 2025 — L’opposant congolais Seth Kikuni, président du parti Piste pour l’Émergence et ancien candidat à la présidentielle, a été brièvement interpellé samedi 18 octobre à l’aéroport international de Ndjili, à son retour de Nairobi. Après plusieurs heures de détention par les services de l’Agence nationale de renseignement (ANR), il a finalement recouvré la liberté.
Selon les informations recueillies auprès de son entourage, Seth Kikuni revenait de Nairobi, où il venait de participer au lancement d’une nouvelle plateforme d’opposition initiée par l’ancien président Joseph Kabila, dénommée « Sauvons la RDC ». C’est à son arrivée à Kinshasa que son arrestation est intervenue dans des conditions jugées brutales par son équipe.
Son chef de cabinet, Chadrack Muikulu, a dénoncé une interpellation arbitraire :“ Son passeport a été confisqué, il a été menotté et conduit vers une destination inconnue. Cette arrestation a été ordonnée par le président de la République ”, a-t-il affirmé.
Quelques heures plus tard, l’opposant a été relâché. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Seth Kikuni a confirmé avoir été détenu par l’ANR : “Mes téléphones et autres effets personnels sont restés aux mains des services qui les ont confisqués dans le but de fabriquer des pièces à conviction pour me nuire. ”
Il a également décrit les conditions difficiles de sa détention : “Après une journée aux mains de l’ANR, où j’ai été arbitrairement détenu dans une cellule souterraine non éclairée et non aérée avant d’être remonté à la surface pour audition, je suis enfin libre. Quelle que soit la longueur de la nuit, le soleil finit toujours par se lever. ”
De leur côté, d’autres membres de la plateforme “ Sauvons la RDC ” ont également exprimé leurs inquiétudes quant aux menaces pesant sur les opposants. Franklin Tshiamala, l’un des membres du mouvement, a indiqué avoir été entendu par la Direction générale de migration (DGM) avant d’être libéré, tout en restant sous la menace d’une arrestation future.
La plateforme appelle enfin la communauté internationale à exercer des pressions sur les autorités congolaises afin de mettre fin au harcèlement de l’opposition et de la société civile.
Roger KAKULIRAHI

