Kinshasa, 26 octobre 2025- Dans une tribune publiée le 22 octobre, le Professeur Taylor Lubanga, également conseiller à la Présidence, a pris publiquement position dans le dossier Mwant Jet, soutenant ouvertement l’associée Gueda Yav. Cette sortie médiatique a provoqué de vives réactions au sein de la compagnie aérienne, dont l’appareil reste immobilisé sur décision du parquet.
Face à ces prises de position, Mwant Jet a tenu à rétablir certains faits et à rappeler que le litige reste en cours d’instruction.
Des décisions judiciaires contestées et un dossier toujours pendant
Selon le Professeur Lubanga, plusieurs arrêts de la Cour d’appel de Kinshasa/Matete auraient définitivement tranché le différend entre associés, confirmant notamment la légitimité de Mme Gueda Yav à diriger la société.
Or, la compagnie souligne que certaines de ces décisions, notamment celles relatives à la convocation de l’assemblée générale et à la saisie de l’aéronef, font actuellement l’objet de recours. L’arrêt RMUA 203, par exemple, suspend les effets du jugement ayant conduit à l’immobilisation de l’avion.
Mwant Jet estime ainsi que cette immobilisation est contraire au droit OHADA, qui interdit toute saisie portant sur un outil essentiel à l’activité économique d’une entreprise — en l’occurrence, l’appareil constituant le cœur de l’exploitation de la société. De plus, le parquet n’a pas compétence pour exécuter ce type de mesure, rappelle la compagnie.
Un dossier ancien réactivé de manière discutable
La direction de Mwant Jet s’interroge également sur la réapparition d’un dossier pénal classé sans suite depuis 2020, et qui ne concernait ni la société ni son aéronef.
Pour la compagnie, s’appuyer sur un tel dossier pour justifier l’immobilisation de l’avion revient à détourner la procédure de son objet initial, au détriment de la légalité et de la sécurité juridique.
Des incohérences et omissions préoccupantes
Mwant Jet déplore par ailleurs plusieurs inexactitudes relevées dans la tribune du Professeur Lubanga.
Celui-ci affirme notamment que Mme Gueda Yav n’aurait jamais rencontré son associé, Michael Yav — une affirmation contredite par des preuves vidéo attestant de leur interaction dans les locaux de l’entreprise.
La société rappelle également que Mme Gueda Yav a, à deux reprises, demandé la dissolution de Mwant Jet, sans succès, et qu’aucun audit complet de sa gestion passée n’a pu être mené faute de remise et reprise formelle avec les administrateurs provisoires.
Appel à une justice impartiale et à un climat d’affaires serein
Pour la compagnie, cette situation illustre les risques d’une justice influencée par des considérations extérieures. Elle dénonce les interventions et pressions qui, sous couvert d’autorité politique ou judiciaire, nuisent à la relance de ses activités et à la stabilité du climat des affaires en République démocratique du Congo.
Mwant Jet appelle à une application rigoureuse et indépendante du droit, seule garante d’un environnement favorable à l’investissement et à la création d’emplois. Une justice équitable, libérée de toute influence, permettrait à la compagnie de reprendre ses opérations, de contribuer au désenclavement de plusieurs provinces et de consolider sa place dans le secteur aérien congolais.

