Kinshasa, 2 décembre 2025- La Coalition des organisations de la société civile pour le suivi de l’action publique (CORAP) qualifie de déclaration politique l’annonce faite au Forum Makutano par le ministre des Ressources hydrauliques et Électricité, Molendo Sakombi, concernant la hausse du taux national de desserte en électricité.
Selon cette plateforme qui regroupe 13 organisations de la société civile, les chiffres avancés par le ministre évoquant un bond de 200 %, soit de 9 % à 21,5 % ces 5 dernières années, ne reposent sur aucune statistique fiable ni sur une évaluation réelle du taux d’accès à l’électricité sur le terrain.
“Nous estimons que cela n’est pas forcément la réalité, parce que depuis toutes ces années, très peu d’énergie a été ajoutée au réseau. Il y a des projets en cours, certes, mais la quantité d’énergie effectivement injectée reste faible”, a expliqué Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif de la CORAP, à l’issue d’un dîner d’échanges avec la presse organisé lundi 1er décembre à Kinshasa.
Pour la CORAP, seuls les chiffres publiés par l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité font foi. Ceux-ci indiquent que le taux national de desserte avoisine 7,4 %.
“On est à plus de 120 millions de personnes. La conséquence réelle d’une augmentation démographique face à un secteur qui n’ajoute pas des mégawatts sur le marché c’est la diminution du taux et ça se justifie quand l’autorité de régulation du secteur de l’électricité dit qu’on est à 7,4%. On n’a pas augmenté la production mais la population a augmenté, c’est une relation assez logique”, a-t-il poursuivi.
Baromètre d’accès à l’électricité à Kinshasa
Au cours de cette même activité, les organisateurs ont présenté le baromètre d’accès à l’électricité à Kinshasa. Cet outil, réalisé en ligne entre octobre 2024 et mai 2025, a recueilli les réponses de 500 personnes issues de 24 communes sur les 26 que compte la capitale.
D’après les résultats, 75 % des personnes interrogées ont attribué à la SNEL une note comprise entre 1 et 3 sur une échelle de 10.
“Globalement, la population n’est pas du tout satisfaite. Elle se plaint, elle est très en colère parce qu’on passe des nuits entières sans électricité. Nous ne savons plus faire de provisions, nous ne pouvons plus produire. Même l’économie du pays en pâtit à cause de la mauvaise qualité de l’énergie fournie”, a souligné Emmanuel Musuyu qui promet de revenir chaque 6 mois avec un nouveau baromètre.
La CORAP appelle ainsi le gouvernement, la SNEL et l’ensemble des acteurs du secteur à s’investir davantage pour améliorer l’accès et la qualité de l’électricité, notamment en augmentant la production.
Elle invite également le gouvernement à accroître le budget alloué au secteur de l’énergie, afin de permettre la construction de nouvelles centrales hydroélectriques ou solaires.
Cédric BEYA









