Kinshasa, 09 janvier 2026- L’Association des Professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) est montée au créneau après l’assassinat brutal du Professeur Matthieu Abada Diabar Sona, un crime qui a profondément bouleversé la communauté académique congolaise. Réunis en Assemblée Générale Extraordinaire vendredi 9 janvier 2026, les professeurs de l’UNIKIN ont adopté une série de mesures fortes pour honorer la mémoire du disparu et exiger des réponses claires des autorités.
Selon les premières informations, le Professeur Matthieu Abada a été lâchement assassiné dans des circonstances encore floues. Ce drame, survenu le 08 janvier 2026, a provoqué une onde de choc au sein de l’Université de Kinshasa et bien au-delà.
“Nous sommes consternés, révoltés et profondément meurtris par cet assassinat lâche et barbare”, a déclaré l’APUKIN dans son communiqué officiel. Pour les professeurs, ce crime n’est pas un fait divers, mais un symbole de plus de l’insécurité grandissante qui frappe le monde académique en République démocratique du Congo.
Face à l’émotion et à l’indignation, l’APUKIN a convoqué une Assemblée Générale Extraordinaire à son siège. À l’issue des échanges, plusieurs décisions majeures ont été prises.
“Nous ne pouvons pas continuer comme si de rien n’était. La vie d’un professeur a été arrachée, c’est toute l’Université qui est blessée”, a confié un professeur présent à la réunion.
Parmi les mesures adoptées, la suspension des activités académiques du 09 au 13 janvier 2026, avec reprise le mercredi 14 janvier, afin de permettre à la communauté universitaire de se recueillir et de se mobiliser.
L’APUKIN a également annoncé l’organisation d’un sit-in pacifique devant la Vice-Primature, Ministère de l’Intérieur, le lundi 12 janvier à 10h30. Tous les professeurs sont appelés à y prendre part en toge académique.
“Ce sit-in est un cri de détresse, mais aussi un acte de dignité. Nous voulons que l’État comprenne que la sécurité des enseignants n’est pas négociable”, a déclaré le Professeur David Lubo Yambel, Président de l’APUKIN.
Une veillée mortuaire solennelle est aussi prévue sous chapiteau à l’UNIKIN en hommage au Professeur Abada. En signe de solidarité, une retenue de 50 dollars par professeur sera effectuée pour soutenir la famille du défunt.
Dans son communiqué, l’APUKIN ne mâche pas ses mots. Elle exige notamment :
- la sécurisation immédiate et permanente du domicile du Professeur Abada pendant le deuil ;
- la prise en charge intégrale par l’État de la scolarité de tous ses enfants ;
- l’organisation des obsèques solennelles au Palais du Peuple ;
- ainsi que l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante pour identifier, arrêter et juger les auteurs et commanditaires de ce crime.
“Nous exigeons la vérité, toute la vérité. Il n’y aura ni paix ni reprise normale tant que justice ne sera pas rendue”, a insisté le Professeur Sam Yakusu Bokawenyamakina, Secrétaire-Rapporteur de l’APUKIN.
Autre décision symbolique forte : le 08 janvier est désormais déclaré “Journée de l’APUKIN”, dédiée au souvenir, à la mobilisation et à la vigilance contre l’insécurité frappant le monde académique.
“ Le sang du Professeur Abada ne doit pas être versé en vain. Cette date nous rappellera chaque année notre devoir de vigilance et de solidarité”, a expliqué un membre du comité exécutif.
L’assassinat du Professeur Matthieu Abada relance le débat sur la sécurité des intellectuels, des enseignants et des chercheurs en RDC. Pour beaucoup, ce drame met en lumière la vulnérabilité de ceux qui forment l’élite du pays.
En attendant les résultats de l’enquête annoncée, l’Université de Kinshasa pleure l’un de ses fils, tandis que l’APUKIN promet de maintenir la pression.
“On a tué un homme, mais on n’éteindra pas la voix de la science et de la vérité”, conclut un professeur, la voix chargée d’émotion.









