Kinshasa, 9 janvier 2026- Au total, 324 magistrats ont été suspendus en 2025 pour des faits de corruption et de spoliation. Parmi eux, certains ayant écopé de sanctions disciplinaires, tandis que d’autres ont été poursuivis et condamnés au pénal. Un avocat du barreau de la Gombe a été radié pour avoir illégalement dépossédé une mère de famille de son habitation.
Ces chiffres ont été communiqués, jeudi 8 janvier, par le ministre d’État, ministre de la Justice, Guillaume Ngefa aux côtés de son collègue de la communication, lors d’un briefing presse consacré à la redevabilité de son bilan à mi-parcours à la tête de ce secteur stratégique pour le redressement de la Nation.
Le ministre a expliqué avoir instauré une méthode de travail basée sur la concertation interinstitutionnelle et interministérielle, ainsi que sur la proximité avec la population.
“Depuis ma prise de fonctions, j’ai imposé une méthode claire : la concertation interinstitutionnelle, la solidarité gouvernementale et la proximité avec les citoyens, car nous sommes redevables devant eux”, a-t-il déclaré.
Le ministre a également fait état de concertations avec les bâtonniers en vue de sanctionner les avocats impliqués dans des réseaux criminels. Il a par ailleurs révélé avoir pris une dizaine d’injonctions dites « emblématiques », adressées aux juridictions civiles et militaires, afin de poursuivre les auteurs de crimes, y compris parmi des personnalités longtemps considérées comme intouchables.
Sur le plan carcéral, Guillaume Ngefa a souligné la rigueur appliquée dans l’examen des demandes de liberté provisoire : sur 800 requêtes introduites, seules 270 ont été jugées recevables. Une approche qu’il qualifie de fondée sur « la justice et le bon sens ».
Dans le cadre du renforcement de l’appareil judiciaire, le ministère de la Justice indique avoir formé et déployé 100 officiers de police judiciaire à travers le pays, chargés notamment de garantir la légalité, la crédibilité et l’authenticité des actes et documents délivrés par l’administration judiciaire.
Sur le front de la lutte contre le banditisme urbain, notamment les « Kuluna », Guillaume Ngefa a salué les résultats de l’opération « Ndobo », qui a permis l’arrestation de près de 500 suspects, actuellement jugés en audiences foraines depuis le 8 janvier.
Le ministre d’État a reconnu que la réforme de la justice sera longue et progressive, mais a réaffirmé sa détermination à assainir le secteur et restaurer la confiance des citoyens dans l’appareil judiciaire.









