Kinshasa, 13 janvier 2026- Le Président du Conseil supérieur de la magistrature, Dieudonné Kamuleta, a livré un message fort et sans complaisance aux nouveaux magistrats, les appelant à exercer leurs fonctions dans le strict respect des principes fondamentaux du droit, garants d’une justice indépendante, crédible et respectueuse des droits de l’homme.
Face à cette nouvelle génération de juges et de procureurs, le haut magistrat a rappelé que la justice ne peut remplir sa mission que si elle est rendue en toute indépendance et impartialité, à l’abri de toute pression, influence ou interférence extérieure. Il a insisté sur la responsabilité morale et professionnelle qui pèse sur chaque magistrat, soulignant que toute forme de compromission affaiblit l’État de droit et discrédite l’institution judiciaire.
Dans son intervention, Dieudonné Kamuleta a mis en avant le droit à l’assistance, rappelant que toute personne mise en cause a le droit de s’exprimer dans la langue de son choix et de bénéficier, si nécessaire, de l’assistance d’un interprète. Il a également souligné l’importance de la publicité des audiences, principe selon lequel les débats judiciaires doivent être publics, sauf exceptions prévues par la loi pour protéger l’ordre public, la sécurité ou l’intimité des parties.
Il a ensuite attiré l’attention sur la célérité processuelle, rappelant que toute personne a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable et de connaître rapidement l’issue de la procédure. Pour lui, les lenteurs judiciaires constituent une injustice supplémentaire pour les justiciables et minent la confiance des citoyens envers la justice.
Le Président du Conseil supérieur de la magistrature a également insisté sur la neutralité du magistrat, qui doit s’abstenir de tout préjugé, parti pris ou règlement de comptes.
Il a rappelé le droit à la défense, qui comprend la connaissance claire des faits reprochés, le temps nécessaire pour préparer sa défense et la possibilité d’être assisté par un conseil. Il a souligné que toute décision judiciaire doit être motivée afin d’en permettre la compréhension et, le cas échéant, la contestation, condition essentielle de la transparence et de la crédibilité de la justice.
Abordant la question de la détention, Dieudonné Kamuleta a rappelé que le droit à la liberté est la règle et que la détention doit rester l’exception, ne pouvant être décidée que par un juge compétent et dans le strict respect de la loi.
Il a réaffirmé le principe de la présomption d’innocence, selon lequel toute personne est réputée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité soit légalement établie, ainsi que le droit au silence, précisant que le refus de s’exprimer ne peut jamais être retenu contre la personne poursuivie.
Au-delà des règles juridiques, le Président du Conseil supérieur de la magistrature a lancé un appel direct à la conscience des nouveaux magistrats, les invitant à mesurer la portée morale de chacun de leurs actes.
“Dans les actes que vous allez poser, Dieu sera-t-il content de vous ? Le Magistrat suprême sera-t-il fier de vous ? Et la société, sera-t-elle satisfaite de vous ?”, a-t-il interrogé, dans un ton grave et interpellateur.
Pour Dieudonné Kamuleta, le respect scrupuleux de ces principes est la condition sine qua non d’une justice transparente, crédible et respectueuse des droits humains, capable de restaurer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire.

