Mambasa, 4 Février 2026- La situation sécuritaire reste alarmante dans le territoire de Beni, au Nord-Kivu, après une nouvelle embuscade attribuée aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF) survenue mardi 03 février 2026 sur le tronçon routier Oïcha–Mamove. Le bilan provisoire fait état de quatre civils tués et de six motos incendiées, suscitant une vive inquiétude au sein de la population locale.
Réagissant à cette attaque, la bourgmestre de la commune d’Oïcha, Mme Eugénie Kavira Mwenge, a exprimé sa compassion envers les familles des victimes. Elle a également appelé les habitants à renforcer la vigilance communautaire et à transmettre rapidement toute information utile aux services de sécurité afin de prévenir d’éventuelles nouvelles attaques.
Dans le cadre des mesures sécuritaires, l’autorité communale a annoncé l’interdiction du tapage nocturne lors des veillées mortuaires ainsi que dans certaines salles de prière. Cette décision vise à limiter les attroupements jugés vulnérables aux incursions des groupes armés.
Pendant ce temps, la coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu dresse un tableau préoccupant de la situation sécuritaire dans la province, pourtant placée sous état de siège. À l’issue d’une assemblée générale extraordinaire tenue le même jour en ville de Beni, les forces vives ont signalé plusieurs cas de violations des droits humains dans différentes zones touchées par l’activisme des groupes armés.
Selon cette structure citoyenne, des cas d’exécutions sommaires de civils attribuées aux combattants ADF ont été signalés dans les territoires de Beni et de Lubero. La société civile évoque également l’incendie d’habitations, le pillage systématique de boutiques ainsi que des attaques contre certaines structures sanitaires, aggravant davantage la crise humanitaire dans la région.
Face à cette dégradation sécuritaire, la société civile appelle la communauté internationale à s’impliquer davantage dans la mise en œuvre des accords de paix récemment signés à Washington. Elle plaide également pour l’instauration d’un gouvernement souverain et pour une meilleure prise en charge des volontaires engagés dans la Réserve armée pour la défense (RAD).
Sur le terrain, la population continue de vivre dans la peur de nouvelles incursions rebelles. Plusieurs acteurs locaux appellent au renforcement du dispositif sécuritaire sur les axes routiers stratégiques ainsi que dans les zones rurales, régulièrement ciblées par les groupes armés.
La persistance des violences dans la région de Beni constitue un défi majeur pour les autorités congolaises, malgré les opérations militaires en cours. Les habitants espèrent un retour durable de la paix afin de reprendre leurs activités socio-économiques dans un climat sécurisé.
Roger KAKULIRAHI









