RDC : la perception de l’évolution des droits des femmes recule de 10 % (Étude de Target SARL)

Kinshasa, 9 mars 2026- La perception de l’évolution des droits des femmes enRDC accuse un recul notable. Selon une étude réalisée par le cabinet d’études de marché Target SARL, la proportion de Congolais estimant que la situation des femmes s’améliore est passée de 67 % en 2024 à 57 % en 2026, soit une baisse de 10 points.

Les résultats de cette enquête ont été présentés lors d’un point de presse organisé ce lundi 9 mars à Kinshasa. À cette occasion, le General Manager du cabinet, Serge Mumbu, a insisté sur la nécessité pour les autorités de renforcer les actions concrètes en faveur des droits des femmes, en veillant à atteindre l’ensemble des couches de la population.

Selon lui, les questions liées au traitement des femmes dans la vie quotidienne doivent faire l’objet d’une attention particulière, notamment en ce qui concerne l’application effective des lois existantes.

“La tolérance doit être zéro face aux viols contre les mineures. Il existe également des mariages précoces dans certaines provinces du pays, bien que cette pratique soit interdite par la loi. D’où la nécessité pour la justice d’intervenir afin de mettre fin à ces pratiques. Il y a aussi la question de l’accès au financement” a-t-il déclaré.

Des perceptions différentes entre hommes et femmes

L’analyse des résultats selon le genre révèle que les femmes portent un regard plus critique sur l’évolution de leurs droits. La perception positive chez les femmes est passée de 64 % en 2024 à 54 % en 2026. Chez les hommes, cette perception reste légèrement plus élevée, bien qu’en baisse également, passant de 67 % en 2024 à 59 % en 2026.

Pour Target SARL, cet écart pourrait s’expliquer par le fait que les hommes prennent davantage en compte les discours et initiatives publiques en faveur de l’égalité, tandis que les femmes évaluent ces avancées à partir de leur expérience quotidienne.

Malgré cette tendance à la baisse, plusieurs indicateurs demeurent globalement positifs dans certains secteurs, notamment la carrière professionnelle, l’éducation ou encore les rôles de leadership. Toutefois, les résultats restent moins élevés qu’en 2024, traduisant une perception plus prudente des progrès réalisés.

À l’inverse, des défis importants persistent dans des domaines tels que le mariage précoce des filles et les violences physiques, émotionnelles et sexuelles, qui figurent parmi les indicateurs où les progrès sont jugés les plus faibles.

L’étude a été réalisée du 14 au 28 février 2026 auprès de 1 559 personnes âgées de 18 ans et plus, représentatives de la population congolaise. Elle a couvert huit grandes régions du pays, notamment Kinshasa, Kongo Central, Kasaï Oriental, Équateur Province, Province Orientale, Katanga, Nord-Kivu et Sud-Kivu.

Rédaction

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