Kinshasa, 4 avril 2026- La crise sécuritaire qui secoue la province du Sud-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, continue de provoquer une catastrophe humanitaire d’ampleur. Selon le gouverneur Jean-Jacques Purusi, environ 1,2 million de personnes sont actuellement déplacées à l’intérieur de la province, tandis que près de 800 000 autres ont trouvé refuge en Tanzanie et au Burundi.
Ces déplacements massifs sont la conséquence directe de violences répétées, marquées notamment par des massacres, enlèvements, actes de torture et violences sexuelles. Plusieurs localités ont été vidées de leurs habitants, en particulier dans la zone d’Uvira.
Face à cette situation, les autorités provinciales affirment avoir engagé, en collaboration avec les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et le génie militaire, des opérations de sécurisation et de déminage afin de rendre possible le retour des populations déplacées.
Parallèlement, un processus de rapatriement progressif est en préparation avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et les autorités burundaises. Une commission tripartite réunissant la RDC, le Burundi et le HCR doit se tenir prochainement à Kalemie afin de définir les modalités concrètes de ce retour.
Sur le terrain, certains signes de normalisation apparaissent. Les écoles, les marchés et plusieurs centres de santé rouvrent progressivement, témoignant d’un début de reprise de la vie socio-économique.
“On peut dire que la guerre est quasiment finie au Sud-Kivu”, a affirmé le gouverneur Jean-Jacques Purusi, tout en reconnaissant la fragilité de cette accalmie.
En effet, la situation sécuritaire demeure précaire. Le mouvement rebelle M23 s’est retiré d’Uvira en janvier 2026, mais conserve des positions dans la plaine de la Ruzizi et les hauts plateaux environnants. Réapparu en 2021, le M23 continue de contrôler plusieurs zones stratégiques dans l’Est du pays, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, y compris des villes clés comme Goma et Bukavu.
Selon plusieurs sources, ce groupe bénéficierait d’un soutien du Rwanda, une accusation que Kigali justifie par des impératifs sécuritaires liés à sa propre frontière.
Dans ce contexte, le retour des populations déplacées, bien qu’amorcé, reste conditionné à une stabilisation durable de la région.

