Kinshasa, 13 avril 2026- Lors de la dernière réunion du Conseil des ministres, le Président de la République, Félix Tshisekedi, a insisté sur la nécessité d’un suivi strict et d’une mise en œuvre holistique des recommandations issues de la Conférence des Gouverneurs de province, considérée comme un levier essentiel de coordination entre le pouvoir central et les entités provinciales.
Dans son intervention, le Chef de l’État a rappelé que cette instance constitue un cadre institutionnel majeur de concertation visant à renforcer la cohérence de l’action publique et à promouvoir un développement équilibré sur l’ensemble du territoire national. Les recommandations adoptées portent notamment sur des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, le développement rural, les infrastructures, la gouvernance provinciale et l’amélioration des conditions de vie des populations.
Cependant, le constat dressé reste préoccupant. Sur les 60 recommandations formulées lors de la 11ᵉ session tenue à Kalemie, le taux d’exécution demeure faible. La 12ᵉ session organisée à Kolwezi en juin 2025 avait, quant à elle, adopté 55 recommandations, tandis que la 13ᵉ session récemment tenue à Bandundu en a produit 82. Ces chiffres traduisent une accumulation de décisions dont la mise en œuvre effective peine encore à suivre.
Face à ces insuffisances, Félix Tshisekedi a appelé à une responsabilisation accrue des gouverneurs de province, en leur qualité de chefs des exécutifs provinciaux. Il a souligné l’importance de traduire concrètement les engagements pris et de garantir un suivi rigoureux des mesures arrêtées. Le Président a également insisté sur la nécessité de renforcer la coordination avec le Gouvernement central et de disposer d’indicateurs fiables pour évaluer objectivement le niveau d’exécution.
Dans cette dynamique, il a annoncé l’instauration de rapports d’étape systématiques après chaque session de la Conférence des Gouverneurs. Désormais, l’état d’exécution des recommandations précédentes ainsi que leur impact réel sur la vie nationale feront l’objet d’un point spécifique inscrit à l’ordre du jour des sessions futures. Ces évaluations devront constituer de véritables exercices de redevabilité, permettant d’identifier les avancées, les obstacles et les ajustements nécessaires.
Par ailleurs, la Première ministre a été instruite de veiller à l’intégration effective des recommandations dans les politiques publiques et les programmes sectoriels du Gouvernement. De son côté, le Vice-Premier Ministre en charge de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières a reçu mandat de proposer, en collaboration avec le Secrétariat permanent de la Conférence des Gouverneurs, un dispositif rénové de suivi, d’évaluation et de mise en œuvre des recommandations.
Ce mécanisme devra être présenté dans un délai de vingt jours, marquant ainsi la volonté des autorités de passer d’une logique de recommandations à une véritable culture de résultats au service du développement national.

