Kinshasa, 6 mai 2026- La Table ronde consacrée aux défis de l’aménagement du territoire en République démocratique du Congo s’est clôturée mardi à Kinshasa sur une note de fermeté : mettre un terme à l’anarchie spatiale et faire de la planification un levier central du développement durable.
Organisées sous l’impulsion du ministre de l’Aménagement du territoire, Jean-Lucien Bussa Tongba, ces assises de deux jours ont rassemblé, au Fleuve Congo Hôtel, des représentants des 26 provinces, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs de la société civile.

Dans son discours de clôture, le ministre a donné le ton : “L’heure n’est plus à la contemplation des défis, mais à l’action”. Il a plaidé pour une mise en œuvre immédiate de solutions coordonnées, dénonçant la répétition de diagnostics sans effets concrets.
Des provinces aux réalités contrastées
La seconde journée a été marquée par la présentation d’un état des lieux provincial. Chaque délégation a exposé ses spécificités et ses contraintes, mettant en lumière de profondes disparités en matière d’infrastructures et de développement.
Pour le ministère, cette cartographie des défis constitue une étape clé vers une « péréquation spatiale intelligente », destinée à corriger les déséquilibres entre provinces.
Le directeur de cabinet, le professeur Henri Limbaka, a insisté sur la nécessité de faire de l’aménagement du territoire le socle de toute politique publique.
Des mesures concrètes et contraignantes
Parmi les décisions majeures, les divisions provinciales sont tenues de transmettre, avant le 15 juin 2026, un inventaire des conflits d’usage et des documents de planification.
Le ministre a également rappelé l’obligation d’obtenir un avis de conformité pour tout projet d’infrastructure, conformément à la loi du 1er juillet 2025 sur l’aménagement du territoire. Une réforme présentée comme une réponse à un vide juridique ancien.
“Aucune politique sectorielle ne pourra désormais se développer en dehors d’un schéma directeur cohérent”, a-t-il insisté.
Vers un “pacte territorial”
Ces assises sont présentées comme un jalon majeur dans la vision portée par le président Félix-Antoine Tshisekedi, visant à faire de chaque province un pôle de production autonome et intégré.
À terme, l’ambition est d’arrimer l’aménagement du territoire aux grands projets structurants du pays, notamment les corridors de développement.
À l’issue des travaux, les participants repartent avec une conviction affichée : l’aménagement du territoire en RDC entre dans une phase opérationnelle, appelée à transformer durablement l’organisation et le développement du pays.

