Mambasa, 17 mai 2026- Face à la réapparition de la maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, le médecin chef de la zone de santé de Nia-Nia appelle la population au strict respect des mesures barrières afin d’éviter la propagation de l’épidémie dans cette partie du territoire de Mambasa.
Le docteur Joseph Pemanakue estime que la zone de santé de Nia-Nia reste exposée en raison de sa position stratégique sur la Route nationale numéro 4 (RN4), axe reliant plusieurs entités de la province, dont Bunia, déjà touchée par la maladie. Selon lui, l’intensité des mouvements de population entre les différentes localités augmente les risques de contamination.
“Nous sommes sur la RN4 et quelqu’un peut facilement quitter Bunia pour arriver jusqu’ici à Nia-Nia. La circulation est intense et nous devons prendre conscience du danger de la maladie à virus Ebola dans notre province. Cette souche venue de l’Ouganda est différente de celle du Zaïre qui avait frappé Mambasa et le Nord-Kivu il y a quelques années. Elle ne dispose pas encore de traitement précis ni de vaccin”, a déclaré le docteur Joseph Pemanakue au micro du journaliste Esdras Kaghoma.
Le responsable sanitaire insiste sur la nécessité de réactiver les gestes de prévention, notamment éviter les poignées de main et les embrassades, s’abstenir de consommer des animaux retrouvés morts en brousse et conduire rapidement toute personne présentant des signes suspects vers une structure de santé.
Le médecin chef de zone exhorte également la population à ne pas banaliser cette maladie, qu’il qualifie de très dangereuse. Il rappelle que la vigilance communautaire demeure essentielle pour limiter la propagation du virus dans une province déjà fragilisée par l’insécurité.
De son côté, la coordination provinciale de la société civile en Ituri redoute de lourdes conséquences humanitaires et sanitaires si l’épidémie continue de s’étendre dans des zones fortement peuplées. Son coordonnateur, Dieudonné Lossa, appelle le gouvernement congolais à renforcer rapidement la riposte afin de contenir la maladie.
“L’Ituri traverse déjà une crise sécuritaire difficile. Il est important que les autorités prennent toutes les mesures nécessaires pour stopper cette épidémie avant qu’elle ne provoque davantage de souffrances au sein de la population”, a-t-il plaidé.
Les autorités sanitaires poursuivent les campagnes de sensibilisation dans plusieurs agglomérations de l’Ituri afin de prévenir toute nouvelle chaîne de contamination.
Roger KAKULIRAHI, à Mambasa.

