Beni, 1er Juin 2026 – Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains dénoncent une arrestation arbitraire du journaliste Roger Kakulirahi survenue dimanche 31 mai à Mayuano, dans la chefferie de Babila Bakwanza, territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri.
Selon les informations recueillies auprès de différentes sources locales, Roger Kakulirahi, journaliste collaborant notamment avec Dépêche.cd, la chaîne de télévision B-ONE et membre de l’association Journalistes Amis de la Nature (JAN), réalisait un reportage dans la zone lorsqu’il a été interpellé par des éléments de la Police nationale congolaise (PNC).
D’après les organisations signataires, le journaliste a été privé de sa liberté de 7 heures à 17h30 sur instruction du commandant adjoint de la PNC de Mayuano, identifié sous le nom de Moke. Les circonstances exactes de cette interpellation restent à éclaircir.
Les Journalistes Amis de la Nature affirment que leur confrère exerçait légalement son métier lorsqu’il a été inquiété. L’organisation estime que cette intervention constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et au droit du public à l’information, garantis par la Constitution congolaise.
Dans un communiqué publié à Mambasa, la JAN rappelle qu’« aucun journaliste ne devrait être inquiété, intimidé ou empêché de travailler lorsqu’il accomplit sa mission professionnelle dans l’intérêt général ». L’association souligne également que toucher à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions revient à porter atteinte au droit de toute une communauté à être informée.
De son côté, l’ONG de défense des droits humains Protection Plus parle d’une « arrestation arbitraire » et d’un « abus de pouvoir ». L’organisation estime que les faits rapportés révèlent une volonté manifeste de restreindre la liberté d’informer et la liberté de circulation du journaliste concerné.
Au cœur de cette affaire figurent également des accusations liées à l’exploitation du bois dans la région. Selon plusieurs témoignages relayés par les deux organisations, le responsable policier impliqué aurait cru que le journaliste filmait un dépôt de planches lui appartenant. Ces mêmes sources évoquent une implication présumée de l’officier dans des activités d’exploitation forestière.
Les deux organisations restent toutefois prudentes sur ces allégations. Elles demandent qu’une enquête indépendante soit menée afin d’établir les faits et de déterminer d’éventuelles responsabilités. Pour elles, de telles accusations, si elles sont avérées, soulèveraient des questions sur la gestion des ressources naturelles et le respect des obligations professionnelles des agents de l’État.
Magloire TSONGO

