Kinshasa, 16 juin 2026- Le Panel des Experts de la Société Civile a lancé une alerte urgente concernant une mission menée par le gouverneur de la province du Haut-Uele dans les territoires de Watsa et de Dungu. Dans un communiqué signé par son coordonnateur national, Dieudonné Mushagalusa, l’organisation estime que cette mission présente plusieurs irrégularités susceptibles de provoquer des tensions sécuritaires et sociales dans cette partie du pays.
Selon le Panel, l’ordre de mission collectif n°01/JBG/269/CAB/PROGOU/P.H-U/2026 soulève de nombreuses préoccupations.
L’organisation affirme notamment que certains services impliqués dans cette mission, dont le Cadastre Minier (CAMI) et la Division provinciale des Mines, n’auraient pas obtenu l’autorisation préalable de leurs hiérarchies nationales respectives, ce qui constituerait une violation des procédures administratives en vigueur.
La société civile dénonce également la présence de militaires dans le cadre de cette mission. Elle rappelle que la législation ainsi que les directives du ministère des Mines interdisent la présence des forces armées sur les sites miniers, estimant qu’une telle situation pourrait exacerber les tensions entre exploitants miniers et communautés locales.
Le Panel souligne par ailleurs que le contexte sécuritaire demeure fragile dans le Haut-Uele. À ses yeux, toute initiative mal préparée ou perçue comme partisane risque de devenir un facteur de déstabilisation dans la province.
L’organisation met également en cause le fondement juridique de certaines opérations envisagées. Elle soutient que l’arrêté ministériel n°415/CAB.MIN/MINES/01/2016 du 2 septembre 2016, relatif à la prorogation du permis d’exploitation n°5050 accordé à la société Wanga Mining Company, serait expiré depuis plusieurs années. Dans ces conditions, toute intervention basée sur ce texte pourrait, selon elle, créer une insécurité juridique pour les investisseurs et les exploitants artisanaux.
Enfin, le Panel des Experts de la Société Civile estime que cette mission intervient dans un climat déjà marqué par des rivalités entre différents acteurs du secteur minier. L’organisation craint qu’au lieu de favoriser l’apaisement, elle ne contribue à alimenter davantage les conflits d’intérêts existants.
Face à cette situation, la structure recommande aux autorités compétentes de suspendre immédiatement la mission en cours, de retirer les militaires des sites concernés, d’ouvrir un cadre de dialogue inclusif entre les parties prenantes et de procéder à un audit juridique des titres miniers et des arrêtés invoqués avant toute nouvelle descente sur le terrain.
La rédaction

