Kinshasa, 19 juin 2026- Les évêques de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) ont ouvert, jeudi 18 juin, à Kinshasa, une assemblée plénière extraordinaire qui se poursuivra jusqu’au 20 juin. Au centre des réflexions figure la question sensible du changement ou de la révision de la Constitution, un sujet qui alimente depuis plusieurs mois un vif débat politique et social à travers le pays.
Prenant la parole à l’issue de la messe d’ouverture, Monseigneur Donatien Nshole, Chapelain du Saint-Père et Secrétaire général de la CENCO, a expliqué que cette session exceptionnelle a été convoquée en raison du climat de tension grandissant observé dans le pays.
« Cette plénière, qui commence aujourd’hui, a été convoquée dans un contexte marqué par les tensions croissantes dans le pays. Ces tensions sont nées à la suite de la campagne lancée par la majorité au pouvoir en faveur du changement de la Constitution », a déclaré Mgr Donatien Nshole.
Le secrétaire général de la CENCO a rappelé que bien avant l’intensification du débat actuel, les évêques avaient déjà envisagé, il y a plus d’une année, l’organisation d’une session d’information approfondie afin de se forger une opinion éclairée sur la question constitutionnelle.
« Lorsque les débats autour d’une éventuelle révision constitutionnelle commençaient à émerger, les évêques avaient déjà exprimé leur volonté d’organiser une session d’information approfondie afin de pouvoir définir leur position en conséquence. Mais la situation est allée de mal en pis », a-t-il ajouté.
Face à cette évolution, les prélats catholiques ont estimé nécessaire de se réunir afin d’examiner leur contribution au renforcement de la cohésion nationale et à la promotion de la paix.
Pour garantir une approche équilibrée et fondée sur des analyses scientifiques, la CENCO a invité plusieurs experts à intervenir devant l’assemblée. Le professeur Kodjo de l’Université Catholique du Congo (UCC) présentera les principes fondamentaux des constitutions, tandis que l’historien Didier Mumengi retracera l’évolution constitutionnelle de la RDC depuis l’indépendance. Le professeur Mampuya analysera quant à lui les options fondamentales contenues dans l’actuelle Constitution.
Dans le même souci d’objectivité, l’Église catholique a également donné la parole aux deux camps qui s’opposent dans ce débat national. Le professeur Jean-Claude Tshilumbayi Musau, premier vice-président de l’Assemblée nationale, a exposé les arguments favorables au changement de la Constitution, tandis que l’opposant Delly Sessanga, ancien député national et membre de la coalition C64, a présenté les raisons de son opposition à cette initiative.
Cette audition contradictoire vise à permettre aux évêques de disposer d’une compréhension globale de la question, nourrie à la fois par des analyses académiques et par les positions politiques des différentes parties prenantes.
Une démarche similaire avait été entreprise récemment par l’Église du Christ au Congo (ECC) lors de la 66e assemblée ordinaire de son Conseil exécutif. À cette occasion, les responsables de cette confession religieuse avaient estimé que toute éventuelle modification de la Constitution devrait être précédée d’un dialogue national inclusif, une position qui avait suscité des critiques au sein de l’opposition.
À l’issue des travaux prévus le samedi 20 juin, les évêques catholiques devraient rendre publique une déclaration officielle ou une exhortation pastorale destinée à éclairer l’opinion nationale sur cette question qui continue de diviser la classe politique et une partie de la population.
À travers cette plénière extraordinaire, la CENCO entend réaffirmer son rôle d’acteur moral dans la recherche de solutions susceptibles de préserver l’unité nationale, renforcer la cohésion sociale et consolider la paix en République démocratique du Congo.

