Kinshasa, 22 juin 2026- L’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) a franchi un pas inédit en portant l’affaire devant la justice. Lundi 22 juin 2026, le parti présidentiel a déposé une plainte auprès du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, contre toute personne se réclamant de la « Force du Progrès » impliquée dans des actes de violence, de vandalisme ou de troubles à l’ordre public.
À travers ses avocats-conseils, l’UDPS a tenu à rappeler que la Force du Progrès est une structure relevant de sa Ligue des jeunes et dont la mission se limite essentiellement à la mobilisation politique et à l’encadrement militant. Le parti affirme qu’aucune prérogative sécuritaire ou coercitive n’a jamais été reconnue à cette organisation.
“Depuis l’avènement de l’UDPS au pouvoir en 2019, certaines personnes que nous connaissions à Kinshasa comme des shégués ou des kuluna se font aujourd’hui passer pour des membres de la Force du Progrès, comme si celle-ci était devenue une ambassade où tous les malfaiteurs peuvent venir se cacher. Ces criminels, nous sommes venus les déférer devant la justice et nous avons décidé de commencer par le parquet afin que des investigations soient menées sur ces cas éventuels. Cela ne va pas se limiter à la seule ville de Kinshasa. Toute personne qui se réclamera de la Force du Progrès sans être en mesure de le prouver sera traduite en justice et jugée conformément à la loi”, a déclaré maître Watangabo Hemedi, membre des avocats conseils de l’UDPS.
Cette démarche judiciaire intervient dans un contexte où la Force du Progrès fait l’objet de nombreuses accusations. Ses membres sont notamment pointés du doigt pour leur implication présumée dans la répression du sit-in de l’opposition organisé le 12 juin dernier à Kinshasa. Plusieurs acteurs politiques et organisations de la société civile les avaient alors accusés d’avoir agi aux côtés des forces de l’ordre pour disperser les manifestants.
La structure est également citée dans plusieurs incidents ayant marqué l’actualité politique récente. Elle est notamment accusée d’avoir participé au saccage du siège du parti de l’opposant Jean-Marc Kabund ainsi qu’à diverses actions de perturbation lors d’activités politiques de formations adverses. Certains ont même tenté d’ériger un camp de base devant l’archidiocèse de Kinshasa.
Plus récemment encore, l’un des membres identifiés à la Force du Progrès s’était illustré par des propos jugés menaçants à l’encontre du bourgmestre de la commune de Ngaba, suscitant de vives réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique.
Face à la multiplication de ces controverses, la direction de l’UDPS semble vouloir reprendre le contrôle de ses structures de base. Il y a quelques semaines, le secrétaire général du parti, Augustin Kabuya, avait réuni plusieurs membres de la Force du Progrès pour leur rappeler les principes de discipline, de responsabilité et de respect des institutions. Une rencontre qui apparaissait déjà comme une tentative de recadrage face aux critiques grandissantes visant cette branche militante.
En déposant cette plainte, l’UDPS cherche visiblement à marquer une rupture avec les comportements reprochés à certains de ses militants et à démontrer que les auteurs d’éventuels dérapages devront répondre individuellement de leurs actes devant la justice. Une initiative qui intervient alors que les appels à la décrispation du climat politique se multiplient à l’approche des grands enjeux institutionnels du pays.

