Beni : les agents pénitentiaires formés pour prévenir la radicalisation en prison

Mambasa, 11 juin 2025- La MONUSCO a organisé une formation spécialisée à l’intention de vingt-cinq agents de l’administration pénitentiaire congolaise à la prison urbaine de Kangbayi, dans la région de Beni, au Nord-Kivu. Cette initiative s’inscrit dans une démarche de renforcement des capacités du personnel pénitentiaire, afin de mieux faire face aux risques croissants de radicalisation et d’extrémisme violent en milieu carcéral.

La formation a porté sur plusieurs aspects essentiels. Les participants ont d’abord été amenés à comprendre les concepts de radicalisation et d’extrémisme violent, en les différenciant clairement. Ils ont ensuite étudié les facteurs qui favorisent l’émergence de ces phénomènes en prison, notamment le mélange de profils de détenus, l’endoctrinement idéologique, les conditions de détention difficiles ou encore le manque de programmes de réinsertion.

Une attention particulière a été accordée à l’identification des signes de radicalisation, ainsi qu’à la mise en place de bonnes pratiques pour la prévention, la gestion des détenus à risque et leur réintégration. Le tout dans une approche centrée sur le respect des droits humains et la dignité des personnes détenues, considérés comme des éléments clés pour prévenir les dérives violentes.

La prison de Kangbayi constitue un lieu particulièrement sensible. Située dans une zone affectée par des conflits armés, elle héberge une population carcérale hétérogène d’environ 400 personnes, dont de nombreux anciens membres de groupes armés comme les ADF, les Maï-Maï ou encore le M23. Faute d’infrastructures suffisantes  notamment le manque de cellules permettant de séparer les détenus selon leurs profils , le risque de diffusion de discours extrémistes entre les détenus reste élevé.

Dans ce contexte, le renforcement des compétences du personnel pénitentiaire devient un levier essentiel pour la stabilité de l’établissement. En étant mieux formés, les agents sont désormais plus à même de repérer les comportements à risque, de gérer les situations sensibles et de contribuer à un climat carcéral plus sécurisé. Cela permet également de limiter les possibilités d’endoctrinement et de recrutement idéologique à l’intérieur même des établissements.

Cette action s’inscrit dans une série d’initiatives soutenues par la MONUSCO dans l’Est de la RDC, visant à appuyer les institutions congolaises dans leur lutte contre l’insécurité et à renforcer la résilience des structures pénitentiaires face aux menaces liées à l’extrémisme violent.

Roger KAKULIRAHI

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