Accord de paix RDC-Rwanda: “Nous voulons en finir une bonne fois pour toutes avec ce prétexte des FDLR” (Thérèse Kayikwamba)

Kinshasa, 4 juillet 2025- Alors que les tensions entre la RDC et le Rwanda persistent depuis des décennies, le nouvel accord de paix signé le 27 juin 2025, à Washington pourrait bien marquer un tournant décisif. C’est en tout cas la la détermination exprimée par la ministre d’État congolais des affaires étrangères au cours d’un Briefing presse animé jeudi 3 juillet, aux côtés de son collègue de la communication Patrick Muyaya, à Kinshasa.

Au cœur de cet accord, elle a indiqué notamment la volonté de mettre fin aux contentieux majeurs notamment le prétexte sécuritaire des FDLR, utilisé depuis près de trente ans.

“Ce prétexte a été recyclé et réchauffé à toutes les sauces. Justement, c’est la raison pour laquelle il est dans l’accord : nous voulons y mettre fin une bonne fois pour … Si c’est cela qui bloque”, a affirmé avec fermeté Thérèse Kayikwamba Wagner.

L’accord prévoit un concept d’opérations (CONOPS) structuré autour de phases claires et mesurables pour identifier, quantifier et traiter la menace représentée par les Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Un mécanisme conjoint de sécurité sera mis en place afin d’évaluer la réalité de cette menace et d’établir une base de travail objective avant toute opération militaire.

“On ne peut pas juste dire qu’on va neutraliser une menace sans avoir un point de départ et un objectif. Il faut savoir combien ils sont, quelle est la menace réelle, puis on agit avec une approche appropriée”, a expliqué la cheffe de la diplomatie congolaise.

Pour Kinshasa, il ne s’agit plus de céder à des discours historiques ou à des prétextes récurrents, mais de résoudre concrètement une problématique souvent exploitée pour justifier des interventions étrangères. Le mécanisme de vérification devrait permettre, selon la ministre, d’atteindre des résultats clairs. “Une fois l’évaluation faite, nous pourrons dire : objectif atteint”.

Mais la RDC n’entend pas faire de concessions sur un autre point essentiel : le retrait immédiat et inconditionnel des troupes rwandaises de son territoire.

“Les troupes rwandaises n’ont rien perdu sur notre territoire. Elles doivent rentrer chez elles. C’est une exigence légitime de la République”, insiste Thérèse Wagner.

En s’attaquant frontalement à ces deux points de blocage, l’accord ouvre la voie à une désescalade progressive et à une coopération sécuritaire régionale plus crédible. Reste à espérer que les engagements pris se traduiront en actes concrets sur le terrain, pour permettre enfin à l’Est de la RDC de sortir du cycle des conflits.

Cédric BEYA

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