Kinshasa, 25 août 2025- Le Front Anti-Dialogue (FAD) s’est exprimé ce lundi à Kinshasa à la suite de la rencontre des Pères spirituels et responsables des confessions religieuses autour de l’idée d’un dialogue national. Dans une déclaration rendue publique et signée par son porte-parole, Héritier Ekoto Isasi, le mouvement a fermement rejeté cette initiative, la qualifiant de “trahison morale” envers le peuple congolais.
“Une insulte à nos morts”
Tout en reconnaissant la liberté d’expression des chefs religieux, le FAD estime que leur proposition arrive au moment où la République démocratique du Congo subit une guerre d’agression “depuis plus de trente ans”. Le mouvement rappelle le bilan de “plus de 15 millions de morts, des millions de déplacés et le pillage quotidien des ressources” et accuse les initiateurs du dialogue de vouloir offrir l’image d’“un peuple résigné, prêt à capituler”.
Une feuille de route controversée
Le FAD s’oppose point par point à la feuille de route présentée. Selon lui, appeler à “créer les conditions d’un dialogue inclusif” revient à mettre sur le même pied les institutions légitimes issues des élections et “des rebelles qui ont pris les armes”, en violation de l’article 64 de la Constitution.
Il rejette également l’idée d’un “dialogue des experts”, jugeant que ceux-ci n’ont “ni mandat populaire ni légitimité”. Quant au “dialogue politique”, le mouvement estime qu’il s’agit d’un franchissement de la ligne rouge, qui légitime l’opposition armée et contourne la souveraineté populaire.
L’agression est extérieure
Pour le Front Anti-Dialogue, les causes de la crise sécuritaire congolaise ne relèvent pas d’un manque d’unité interne mais bien d’une “agression extérieure planifiée”. À ce propos, il pose trois questions aux promoteurs du dialogue :
“Le régime de Kigali bombarde-t-il le sol congolais parce que les Congolais manqueraient de cohésion nationale ? Le Rwanda arme-t-il le M23 sous prétexte que les Congolais ne s’entendent pas entre eux ? Le pillage des ressources naturelles du Kivu est-il la conséquence d’un déficit d’unité interne ?”.
Un appel au Président et au peuple
En conclusion, le FAD exhorte le chef de l’État à rejeter catégoriquement la feuille de route et à “défendre l’ordre constitutionnel”. Il appelle également le peuple congolais, au-delà des clivages politiques, à “défendre la Patrie” conformément à l’article 63 de la Constitution.
Enfin, le mouvement demande aux Pères spirituels de se consacrer à leur mission première, “prier pour la paix et exhorter à l’amour du pays“ plutôt que de promouvoir un compromis avec les “ennemis de la Nation”.
Cédric BEYA

