Kinshasa, 19 octobre 2025 – Cinq hauts cadres fondateurs du mouvement politico-militaire « Convention pour la Révolution Populaire » (CRP) ont annoncé leur retrait du mouvement dans une déclaration rendue publique samedi à Kampala, capitale de l’Ouganda. Ils affirment avoir pris cette décision à la suite de “ dérives graves ” constatées dans la gestion du mouvement par son président, Thomas Lubanga.
“ Nous sommes très surpris, déçus et choqués de constater le ridicule qui a élu domicile dans le chef de celui que nous avions désigné comme autorité politique du mouvement ” ont-ils déclaré dans leur communiqué conjoint.
Les signataires de cette déclaration sont Bungamuzi Kakani Charles, Tungulo Basikolo, Ung’yertho Birwinyo David, Wedunga Ndara Baudouin et Drani Drileba J. Xanvier. Ces derniers affirment que la CRP a dévié de sa mission initiale de lutte pour la libération du peuple congolais, accusant Thomas Lubanga de dérives autoritaires et de pratiques contraires aux idéaux révolutionnaires.
Parmi les griefs formulés contre le leader de la CRP figurent :
– Une gestion autocratique, caractérisée par l’absence de débat interne, la confiscation de toutes les décisions et la convocation des réunions selon son humeur.
– L’affairisme au sein de la révolution : les cadres évoquent notamment l’instauration d’un système de péage sur la RN27 par les représentants personnels de Thomas Lubanga, sans concertation avec le comité directeur. Les fonds collectés, selon eux, n’auraient jamais été présentés à la direction du mouvement.
– Le manque de vision claire : ils accusent leur leader de transformer la révolution en une « vacance dorée à Kampala » sans réelle volonté de mener la lutte de libération.
– L’escroquerie présumée d’opérateurs économiques ituriens, menacés ou sollicités pour contribuer financièrement à l’ “effort de guerre ” en échange d’une hypothétique exonération après la conquête du pouvoir.
– Le clanisme, Thomas Lubanga étant soupçonné de ne consulter et de privilégier que les membres de son propre clan dans la prise de décisions.
– L’opacité dans la gestion financière, marquée par la mise à l’écart du trésorier désigné au profit de sa propre sœur, ce qui rendrait la comptabilité du mouvement incontrôlable.
– Enfin, l’arrogance et le mépris envers les autres membres fondateurs, qui se sentiraient marginalisés et humiliés.
Face à ces accusations, les cinq signataires ont décidé de se désengager totalement de la CRP, qu’ils estiment désormais instrumentalisée pour “ promouvoir les ambitions politiques et financières personnelles de Thomas Lubanga, au mépris des victimes des violences en Ituri ”.
Denis Munguriek An.

