Beni, 18 novembre 2025- La tragédie survenue à Byambwe, dans le groupement de Manzia, continue de provoquer une profonde onde de choc à travers le pays. Au total, 17 personnes ont été retrouvées sauvagement tuées par des assaillants ADF au sein même du centre de santé local. Parmi les victimes figuraient onze jeunes mères hébergées à la maternité, certaines encore en train d’allaiter leurs nouveau-nés. La violence des faits, perpétrés dans un lieu dédié à la protection et à la vie, suscite une indignation unanime.
Le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix 2018 et figure mondiale de la gynécologie-obstétrique, s’est dit profondément « horrifié » en apprenant les circonstances du massacre. Il a condamné « des actes abjects » visant délibérément des femmes qui venaient d’accoucher. Pour lui, s’attaquer à des mères alitées dans un hôpital dépasse le cadre d’une attaque armée : il s’agit d’une violence ciblée ayant pour but de terroriser et d’ébranler les fondements même de la communauté.
“Je suis horrifié d’apprendre que des jeunes mères qui allaitaient leurs enfants ont été brutalement assassinées, retrouvées la gorge tranchée dans leur lit d’hôpital ce week-end au centre de santé de Byambwe, à proximité de Butembo, au Nord-Kivu”, écrit le Dr Denis Mukwege.
Dans cette prise de position, le médecin rappelle que les violences à répétition dans l’Est de la République démocratique du Congo ne relèvent plus seulement d’une crise sécuritaire, mais d’une menace existentielle visant des populations entières. Il évoque la possibilité d’une stratégie visant à détruire, totalement ou partiellement, une communauté déjà meurtrie depuis plusieurs décennies. La récurrence de ces massacres, souvent dans l’indifférence internationale, alimente une douleur profonde et une urgente exigence de justice.
Face à cette situation devenue intenable, l’appel du lauréat du Nobel résonne comme un cri d’alarme. Il exhorte les autorités congolaises et la communauté internationale à agir sans délai pour identifier les auteurs, les traduire en justice et assurer une protection effective des civils. Dans l’Est de la RDC, où chaque jour est une bataille pour survivre, la dignité humaine ne peut plus être reléguée au second plan.
Magloire TSONGO

