Kinshasa, 17 février 2026- Les bulldozers de l’Hôtel de Ville n’ont fait que raser les différentes habitations anarchiques érigées dans la concession de l’Onatra, notamment à Pakadjuma, au quartier Sokopao, dans la commune de Limete, sans toutefois faire partir les occupants.
Près d’une semaine après cette vaste opération, le constat est totalement déplorable. Des gens vivent dans de conditions infrahumaines.
Plusieurs familles ont dû se créer des abris de fortune avec des bâches, des pagnes ou toutes sortes de matériaux trouvés sur place.
“Ils nous avaient dit qu’ils allaient casser jusqu’à 15 mètres mais ils ont tous rasé. Nous vivons dans des conditions très difficiles. Depuis que nos habitations ont été détruites, nous sommes toujours ici. Nous n’avons nulle part où aller. La pluie et le soleil nous tombent constamment dessus”, a relaté Mamie Limange aux micros de l’ACP.
Certains qui avaient été déplacés vers Kinkole, sur un site choisi par les autorités de la ville, sont également de retour sur cet emplacement.
Ces derniers affirment avoir été abandonnés dans une brousse isolée, sans électricité, sans eau, sans route et très éloignée de la ville.
“On nous a conduits vers un autre endroit, dans de grands camions qui transportent habituellement les poubelles. Nous sommes arrivés à la CNPP, sur une parcelle qui appartient à quelqu’un d’autre. Ce qui est triste, c’est qu’on nous y a laissés comme des déchets, de manière provisoire, le temps de nettoyer le terrain de l’Onatra… avant qu’ils viennent encore nous chasser”, a fait savoir une autre dame.
Ayant majoritairement perdu leurs biens, la plupart sollicitent du gouvernement un délai d’au moins trois mois afin de mieux se préparer et trouver un nouveau lieu où s’installer.
Entre-temps, sur place, les conditions de vie restent totalement inadmissibles, avec un risque élevé de propagation d’épidémies.
L’Onatra, de son côté, souhaite récupérer son terrain pour la relance de ses activités.
Les autorités compétentes sont appelées à trouver une solution définitive afin de prévenir les dangers de toutes sortes, notamment sanitaires et sécuritaires.
Cédric BEYA

