Mayuano, 17 mars 2026- Le territoire de Mambasa, au Sud de Bunia en province d’Ituri, est plongé dans une grave crise sécuritaire après l’enlèvement du chef de la chefferie des Walese Desse par les terroristes islamistes ADF. L’incident s’est produit le lundi 16 mars vers 17h à Alambi, le chef-lieu de la chefferie de Welese-Desse. Le chef, père de l’ancien député provincial Enidte Sukari, a été capturé avec plusieurs civils, dont 13 autochtones pygmées et des agriculteurs bantous, contraints de transporter des biens pillés vers une destination inconnue.
Le village a été pillé et la population vit dans une peur totale. Cette situation témoigne de l’extension rapide de l’activisme des ADF dans le territoire de Mambasa. Six des sept chefferies sont désormais touchées par les attaques, dont Babila Babombi, Babila Bakwanza, Walese Karo, Bombo, Walese Desse et Bandaka. Seule la chefferie de Mambasa, située dans le chef-lieu du territoire, n’a pas encore été attaquée.
Les villages voisins subissent également de lourdes conséquences. Dans la chefferie des Bandaka, le village de Babesua a été incendié à 90 %, plusieurs civils tués par armes à feu ou à la machette, et d’autres calcinés dans leurs maisons. Les habitants fuient massivement vers Mambasa centre et Niania. Les activités scolaires et commerciales sont suspendues sur la RN4, de Bandisende jusqu’à Niania, et la circulation reste très limitée par crainte des attaques.
Les ADF se déplacent rapidement et utilisent des tactiques sophistiquées, notamment des drones pour surveiller les mouvements. Leurs attaques couvrent désormais de larges zones et menacent les populations, les ressources naturelles et les activités économiques, confirmant l’urgence d’une intervention sécuritaire coordonnée.
La Nouvelle Société civile congolaise (NSCC), par la voix de Maitre Jospin Paluku Mbowa, alerte sur la gravité de la situation et appelle les autorités de Kinshasa à agir rapidement pour libérer le chef de chefferie et les civils enlevés, sécuriser les villages et protéger la population.
Pour contenir la menace et protéger la population, la NSCC recommande la mise en place immédiate de patrouilles coordonnées le long de la RN4 et dans les villages affectés, le renforcement du renseignement militaire et civil, la sécurisation des sites vulnérables et la libération rapide des otages. Une communication claire et continue avec les populations locales est également nécessaire pour limiter la panique et organiser les déplacements sécurisés des habitants.
Roger KAKULIRAHI

