Kinshasa, 23 mars 2026- Dans une tribune au ton grave, Denis Mukwege a lancé un appel direct au Président de la République et à la classe politique de la République démocratique du Congo, dans un contexte de fortes tensions au sommet des institutions.
Le médecin et défenseur des droits humains met en garde le Chef de l’État contre l’influence de certains membres de son entourage, qu’il qualifie sans détour.
“Nous exhortons le Président de la République à ne pas suivre les tambourineurs (…) car ils sont là pour leurs intérêts personnels et non pour l’intérêt supérieur de la Nation”.
À travers cette sortie, Denis Mukwege dénonce une gouvernance influencée par des intérêts individuels au détriment du bien commun. Il alerte également sur les conséquences politiques de telles dynamiques, estimant que ceux qui encouragent aujourd’hui certaines orientations pourraient demain se retourner contre le pouvoir en place.
Au-delà de l’exécutif, son message s’adresse aussi aux représentants du peuple. Il insiste sur la responsabilité morale des élus et sur l’exigence de dignité dans l’exercice de leurs fonctions :
“Où est votre dignité ? (…) êtes-vous aptes à vous battre pour la dignité du peuple qui vous a élus ?”
Dans un registre à la fois culturel et philosophique, il s’appuie sur la sagesse ancestrale pour rappeler les valeurs fondamentales attendues d’un dirigeant :
“Un bon citoyen peut mourir, mais il ne pourrit pas”.
Par cette formule, il souligne l’importance de rester fidèle à ses convictions, même sous pression, et de privilégier l’honneur à toute forme de renoncement.
Enfin, Denis Mukwege appelle à un sursaut de conscience au sommet de l’État.
“Écoutez plutôt votre conscience et la voix du peuple.”
Cette prise de parole, fortement empreinte d’exigence éthique, remet au centre du débat la question de la gouvernance, de l’intégrité des institutions et du rôle des dirigeants dans un pays confronté à de nombreux défis.

