Beni, 13 mai 2026 – Les militants des mouvements citoyens et des groupes de pression de la ville de Beni, dans le Nord-Kivu, ont officiellement lancé la campagne citoyenne ”Non au changement de la Constitution”. Réunis au sein de la Dynamique ”Non au changement de la Constitution«, ces activistes pro-démocratie affichent leur détermination à bloquer le projet du régime en place.
Dans une déclaration rendue publique mercredi 13 mai, ils estiment qu’il s’agit d’un projet dangereux, compte tenu des périodes difficiles que traversent les populations congolaises. Ils évoquent notamment le calvaire causé par la rébellion de l’AFC-M23 et les attaques des terroristes ADF dans les deux provinces concernées par l’état de siège.
”Nous n’avons pas oublié qu’en 2015 déjà, une tentative de modification de la constitution avait plongé notre pays dans une grave crise politique, avec des morts dans les rues de Kinshasa, de Goma et de Lubumbashi. Aujourd’hui, avec un tissu social encore plus fragile et une armée déjà mobilisée sur plusieurs fronts sécuritaires, une nouvelle aventure constitutionnelle serait un désastre«, a déclaré Nick Junior, l’un des leaders de la Dynamique.
Et d’ajouter : ”Le peuple congolais ne veut pas d’un référendum alors que les hôpitaux manquent de quinine et les écoles de craie. Il ne veut pas d’un dialogue politique artificiel pendant que des millions de Congolais dorment sans toit. Face à ces réalités tangibles, face à cette dérive opportuniste, nous disons NON au changement de la constitution et au maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà de 2028”, a-t-il poursuivi.
Pour bloquer tout projet de révision ou de changement de la Constitution, la Dynamique mobilise toutes les couches sociales : syndicats, société civile, confessions religieuses, leaders traditionnels, partis politiques de l’opposition, jeunes, femmes, intellectuels, paysans et commerçants. L’objectif est d’exiger « l’abandon immédiat et définitif de tout projet de révision ou changement de la constitution ». Cette mobilisation vise également à demander la fin de la guerre à l’Est du pays.
“En plein cœur d’une crise multidimensionnelle, vouloir réviser ou changer la constitution revient à faire délibérément du malheur du peuple. Cette manœuvre, il faut le dire avec force, ne vient pas par hasard. Nous sommes arrivés au dernier mandat constitutionnel du président Félix Tshisekedi. Lui-même et ses propres alliés savent que la loi fondamentale lui interdit de se représenter pour un troisième mandat. Voilà pourquoi, depuis plusieurs mois, ses proches qui occupent des postes clés au gouvernement et au sein de la majorité parlementaire multiplient les sorties médiatiques pour justifier un changement de la constitution et des règles électorales”, insiste la Dynamique.
Pour ces jeunes de Beni, le respect de la Constitution est un gage de cohésion et d’unité nationale. ”Ensemble, disons NON au changement de la constitution pour des intérêts personnels et NON au maintien au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. Ensemble, défendons notre démocratie, notre paix et notre dignité. La République ne se vend pas. Elle se vit et se protège”, a insisté Nick Junior.
Lors de sa récente conférence de presse, le président de la République, Félix Tshisekedi Tshilombo, a quant à lui évoqué ses ambitions de rester au pouvoir pour un troisième mandat, si le peuple le lui demandait.
Magloire TSONGO

