Kinshasa, 18 mai 2026- “Ici, nous sommes pour le changement de la Constitution. Si vous êtes contre, ne venez pas vous associer à nous”, a déclaré sans ambages Lisanga Bonganga, coordonnateur et porte-parole du Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS), au cours d’une conférence de presse hebdomadaire tenue à Kinshasa.
Cet allié du pouvoir en place estime qu’il est possible d’organiser un référendum même sans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où plusieurs entités demeurent sous occupation des forces négatives, notamment le Rwanda et ses supplétifs de l’AFC/M23.
Cette position contraste avec celle exprimée récemment par le chef de l’État lors d’une conférence de presse, au cours de laquelle il avait affirmé qu’il serait impossible d’organiser des élections sans ces deux provinces tant que la guerre persistera. Pour défendre sa thèse, Lisanga Bonganga a tenu à établir une différence entre une élection et un référendum.
« Quand nous parlons du référendum, il y a une proposition : le oui ou le non. Tandis que lorsqu’il s’agit des élections, il y a des candidats dans chaque circonscription, comme à Lukunga. Le dépouillement devient alors plus complexe. Pour le référendum, c’est plus facile : on classe les bulletins du “oui”, ceux du “non”, puis on procède au dépouillement. Ce n’est pas comme avec les candidats qui posent davantage de problèmes. Voilà le premier élément», a expliqué l’ancien ministre.
Dans son argumentaire, le coordonnateur du RCET-CPS a ensuite soutenu que la tendance générale dégagée dans les 24 autres provinces pourrait prévaloir sur les deux provinces en proie à l’insécurité.
« Deuxième élément : même s’il subsiste des problèmes dans ces provinces, cela ne concerne pas l’ensemble des Congolais. La tendance générale des 24 provinces sera déterminante, à moins que les deux autres provinces soient totalement occupées. À partir des 24 provinces, nous dégagerons une tendance générale qui permettra de constater que le référendum a approuvé notre projet », a-t-il affirmé.
Enfin, pour renforcer sa démonstration, Lisanga Bonganga a invoqué un précédent historique lié à la Constitution de Luluabourg de 1964, soutenant qu’elle avait été adoptée alors qu’une partie de l’Est du pays échappait au contrôle du pouvoir central.
« Troisième élément : il existe un cas d’école. Ce n’est pas seulement aujourd’hui. Vous vous souviendrez qu’en 1964, lorsqu’il y a eu le référendum sur la Constitution, presque tout l’Est était occupé. Cela n’a pas empêché que nous puissions avoir le référendum », a-t-il rappelé.
Selon lui, ces différents éléments plaident en faveur de l’adoption d’une nouvelle Constitution, laquelle ouvrirait, selon plusieurs observateurs, la voie à un éventuel troisième mandat.
« Cela nous permettra d’avoir notre Constitution et d’avancer ensuite vers de vraies élections », a-t-il conclu.
De son côté, l’opposition multiplie également les concertations afin de mettre en place des stratégies destinées à contrer ce projet de révision ou changement constitutionnelle porté par les partisans du pouvoir. Martin Fayulu, Delly Sesanga, Moïse Katumbi ainsi que d’autres acteurs politiques et sociaux ont récemment lancé une plateforme opposée au changement de la Constitution et à toute perspective de troisième mandat.
Cédric BEYA

