Bunia, 18 mai 2026- La situation sanitaire reste préoccupante dans la zone frontalière entre le Nord-Kivu et l’Ituri, à la suite de la résurgence de la maladie à virus Ebola signalée dans la province de l’Ituri. En effet, à Eringeti, dans le groupement Bambuba-Kisiki, secteur de Beni-Mbau en territoire de Beni, la population vit dans une profonde inquiétude face au risque élevé de propagation de l’épidémie. Située à cheval entre deux provinces fortement interconnectées par les mouvements des populations, cette agglomération redoute ainsi une extension rapide de la maladie si des mesures de prévention plus strictes ne sont pas appliquées.
Dans le reste du Nord-Kivu, les autorités sanitaires et administratives ont, par ailleurs, durci les dispositifs de prévention, notamment en ce qui concerne la gestion des cas suspects et des décès. En effet, le gouverneur militaire, le général Évariste Somo Kakule, a interdit le transport des corps sans autorisation sanitaire préalable.
Cette décision vise à limiter les risques de contamination, d’autant plus que les experts rappellent que la manipulation des dépouilles constitue l’un des principaux vecteurs de transmission du virus Ebola. Ainsi, les autorités appellent les familles à collaborer étroitement avec les équipes chargées des enterrements dignes et sécurisés. De plus, elles exhortent la population à signaler sans délai tout cas suspect aux services de santé compétents, afin de renforcer la riposte.
En province de l’Ituri, de son côté, les autorités provinciales ont intensifié les messages de sensibilisation et de vigilance. Dans ce cadre, le directeur des soins infirmiers de l’Hôpital Betel de Komanda, Christophe Katirisa, a appelé la population de la chefferie des Basili et ses environs à adopter systématiquement le lavage des mains pour prévenir les maladies des mains sales.
Lors d’un entretien médiatique tenu le 16 mai 2026, il a expliqué que cette pratique simple mais essentielle permet de réduire significativement la transmission de maladies telles que la diarrhée, la dysenterie ainsi que d’autres infections liées au manque d’hygiène.
En conséquence, il recommande l’utilisation de l’eau propre et du savon, ou à défaut de la cendre, comme alternative accessible dans les milieux ruraux, tout en insistant sur la nécessité d’intégrer ces gestes dans les habitudes quotidiennes.
Enfin, dans le même contexte sanitaire, le gouverneur militaire de l’Ituri, le lieutenant-général Johnny Luboya Nkashama, a lancé un appel solennel à la vigilance après la confirmation de la 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.
À cet effet, il exhorte la population à respecter strictement les mesures de prévention, à collaborer activement avec les équipes de riposte déployées sur le terrain et, surtout, à éviter toute forme de panique.
Ainsi, les autorités insistent sur la responsabilité collective afin de contenir rapidement la propagation du virus et protéger les communautés les plus exposées.
Roger KAKULIRAHI

