Bango, 13 juin 2026- Annoncés pour samedi 13 juin, les travaux de réhabilitation de l’ancienne passerelle de secours installée après l’effondrement du pont Ituri en 2022 n’ont finalement pas démarré. Selon plusieurs sources locales contactées sur place, le lancement des travaux a été reporté au lundi prochain, sans qu’une communication officielle ne soit encore faite sur les raisons de ce décalage.
Ce nouveau report intervient alors que six jours se sont écoulés depuis l’effondrement du pont Ituri sur la Route nationale 44, en territoire de Mambasa. Durant toute cette période, aucun passage officiel n’a été rétabli pour permettre la traversée de la rivière, laissant les voyageurs, les commerçants et les transporteurs dans une situation particulièrement difficile.
Sur le terrain, l’activité s’organise progressivement autour du site sinistré. À notre arrivée vers 10 heures, plusieurs commerçants avaient déjà installé des abris de fortune à proximité de la rivière afin de tirer profit de l’affluence des passagers bloqués. De part et d’autre des berges, des dizaines de personnes attendent toujours une solution de traversée sécurisée tandis que les opérateurs de transport cherchent des alternatives pour poursuivre leurs activités.
À la limite des localités de Bango et Teturi, des initiatives privées se multiplient. Des bacs destinés au transport des personnes, des marchandises et des véhicules sont actuellement en construction. Jeanvier, l’un des promoteurs, affirme que son embarcation pourrait être opérationnelle dans les prochains jours, tout en précisant qu’aucune autorisation officielle d’exploitation ne lui a encore été délivrée. Un autre responsable de bac, connu sous le nom de Djodjo, évoque quant à lui un retard dans l’acheminement des matériaux nécessaires depuis Mambasa.
Malgré ces initiatives, aucune solution officielle de traversée n’était encore disponible ce samedi après-midi. Certains usagers continuent ainsi de franchir les débris du pont effondré, au péril de leur sécurité, faute d’alternative fiable.
Sur le plan sécuritaire, des éléments des FARDC et de la Police nationale congolaise demeurent déployés sur le site afin de réguler les mouvements de population et prévenir tout incident.
En attendant le démarrage effectif des travaux annoncé pour lundi, l’état de l’ancienne passerelle continue de susciter des inquiétudes. Une grande partie des troncs d’arbres qui avaient été placés dans la rivière pour soutenir cet ouvrage provisoire est aujourd’hui submergée, réduisant fortement ses possibilités d’utilisation dans son état actuel.
Cette situation alimente également le débat au sein de la société civile locale. Plusieurs acteurs s’opposent à une éventuelle mise en service des bacs privés, craignant l’instauration de frais supplémentaires pour les usagers. Ils plaident plutôt pour une réhabilitation rapide de la passerelle afin de garantir une traversée gratuite, sécurisée et accessible à tous, en attendant la reconstruction du pont principal.
Roger KAKULIRAHI

