Mambasa, 23 juin 2026- La lutte contre la maladie à virus Ebola dans la zone de santé de Nia-Nia, en territoire de Mambasa (Ituri), se heurte à d’importantes difficultés logistiques qui risquent d’affecter l’efficacité de la réponse sanitaire en cours. Les autorités médicales locales tirent la sonnette d’alarme face au manque de moyens de transport pour assurer l’acheminement rapide des échantillons prélevés sur les cas suspects vers le laboratoire de référence de Bunia.
Depuis la déclaration officielle de l’épidémie le 12 juin 2026, deux cas ont déjà été notifiés dans la zone de santé de Nia-Nia, notamment à Bafwabango et à Nia-Nia centre. Dans ce contexte, la rapidité de la détection et de la confirmation des cas constitue un élément déterminant pour limiter la propagation du virus et renforcer la surveillance sanitaire dans cette partie du territoire de Mambasa.
Le médecin chef de la zone de santé de Nia-Nia, Joseph Pemanakue, indique que l’absence d’un véhicule dédié aux activités de surveillance épidémiologique constitue un obstacle majeur. Selon lui, les équipes sanitaires éprouvent des difficultés à parcourir les différentes aires de santé pour collecter les échantillons et les faire parvenir dans les délais requis au laboratoire de Bunia.
« Nous avons beaucoup de difficultés. Nous n’avons pas de véhicule pour circuler dans les aires de santé, prélever les échantillons et les acheminer vers le grand laboratoire de Bunia. Nous avons besoin d’un moyen de transport pour renforcer la surveillance et faciliter le travail des équipes sur le terrain », a-t-il expliqué.
Le responsable sanitaire a également insisté sur la nécessité de renforcer les capacités locales de diagnostic. Il estime qu’un rapprochement des services de laboratoire ou un appui accru au laboratoire mobile déjà disponible permettrait d’obtenir plus rapidement les résultats des analyses et d’améliorer la prise en charge des cas suspects.
Par ailleurs, Joseph Pemanakue a attiré l’attention sur les conséquences de l’insécurité persistante dans certaines aires de santé de la zone. Cette situation limite l’accès des équipes médicales à certaines communautés et complique la prise en charge des populations déplacées. Il appelle ainsi au rétablissement de la paix afin de favoriser le retour des habitants dans leurs milieux d’origine et de garantir une meilleure couverture sanitaire dans les zones affectées.
Face à la menace que représente Ebola, les acteurs de la santé soulignent l’importance d’un appui logistique et sécuritaire renforcé afin de permettre aux équipes de terrain de poursuivre efficacement les opérations de surveillance, de prévention et de riposte contre l’épidémie.
Roger KAKULIRAHI

