Kinshasa, 5 février 2026- Un climat de tension persistant est observé à l’Université des Sciences de l’Information et de la Communication (UNISIC), où certaines décisions prises par la nouvelle équipe dirigeante, conduite par la rectrice Espérance Bayedila, suscitent, incompréhension et préoccupations au sein d’une partie du personnel académique et administratif, selon plusieurs témoignages recueillis.
Au centre des discussions figure le retrait des décisions d’engagement du personnel prises entre 2022 et 2025, période correspondant au rectorat du professeur Kambayi Bwatshia. D’après des documents consultés par notre rédaction, cette mesure concernerait 125 agents et ferait suite à une décision signée le 2 février 2026 par la rectrice actuellement en fonction.
Certains agents concernés estiment que cette décision serait intervenue sans communication préalable détaillant clairement leur situation administrative, notamment en ce qui concerne une éventuelle réévaluation ou confirmation de leur statut.
“On parle de confusion dans la prise des décisions. Rien n’est clair et personne ne sait à quoi s’en tenir”, confie un assistant contacté par notre rédaction.
Selon des sources internes concordantes, les dossiers retirés feraient l’objet de réserves liées au respect de la procédure administrative normale d’engagement. Ces sources évoquent notamment un circuit administratif qui n’aurait pas été suivi dans certains cas sous la précédente direction.
“Il y avait effectivement besoin de personnel à l’époque, mais la procédure n’a pas suivi son cours normal. Les dossiers auraient dû passer par le secrétariat pour analyse avant validation au rectorat. Or, ils arrivaient directement au rectorat, ce qui est à la base de cette situation”, explique la même source.
Toutefois, ces explications font l’objet de contestations au sein d’une partie du personnel. Certains agents interrogés évoquent l’existence supposée d’un traitement différencié de certains dossiers, citant notamment le cas d’un membre de la famille de la rectrice qui aurait été engagé durant la même période.
“Elle se laisse influencer par des personnes de son entourage qui cherchent à régler des comptes avec le comité sortant. Tout ce qui a été fait sous Kambayi est remis en cause : assistants, chefs de travaux, professeurs, nombre de facultés, locaux, logo… même le nom de l’université serait menacé. Pourtant, sa propre fille, engagée à la même période, fait aujourd’hui partie de son comité”, accuse un agent.
Cinq docteurs écartés, des profils contestés
Cinq détenteurs de doctorat figureraient parmi les agents concernés par ces mesures :
- Dumbi Kongolo
- Kibushi Ndjate
- Lomomba Emongo
- Makitu Muni
- Mumbunze Ludovic
Concernant le cas de Dumbi Kongolo, il lui est reproché d’être détenteur d’un doctorat obtenu en ligne auprès de Bircham International University, une institution basée en Espagne et fonctionnant exclusivement à distance, un point qui alimente les débats sur la reconnaissance académique de ce diplôme.
Une université dans l’attente de clarifications
Dans ce contexte, des initiatives informelles de concertation seraient envisagées au sein de certains groupes du personnel afin d’examiner les voies de dialogue avec les autorités universitaires.
Jusqu’à présent, aucune communication publique détaillée du rectorat n’a été rendue disponible pour éclairer l’ensemble des préoccupations soulevées. Plusieurs membres de la communauté universitaire appellent à des clarifications susceptibles de favoriser un climat apaisé et de renforcer la confiance au sein de cette institution spécialisée dans les sciences de l’information et de la communication en République démocratique du Congo.
La rédaction









